Mardi 17 novembre 2009
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Photo Flickr
-« Alors Simone, vous n’oubliez pas ce soir à 19h, on vous attend ! »
Lance une jeune fille souriante, affichant un gilet du secours catholique.
Oh non, elle ne va oublier, voila des mois et des mois que cette femme passe ses jours à préparer ses
nuits.
Dans le meilleur cas, c’est un accueil dans un centre d’aide, dans le moins bon c’est un carton sur un bout de
trottoir.
Sa vie n’a jamais été facile mais au fil des années c’est l’escalade du sordide.
Ses souvenirs d’enfance se résument aux altercations répétées entre ses parents, l’un comme l’autre sous l’emprise de
l’alcool.
La violence, les coups, les injures, la lente agonie d’une mère et d’un père gorgés de mauvais vin.
Le seul rayon de soleil dont elle se souvienne, fut recueilli dans un livre d’images abandonné sous le préau de l’école,
qu’elle ne fréquentait que de temps en temps.
C’était l’histoire de Cendrillon et la petite fille s’était
inconsciemment identifiée à l’héroïne, c’est sans doute pour cela qu’elle crut longtemps qu’un jour elle finirait par rencontrer son prince charmant.
Pourquoi pas elle après tout ?
Mais en lieu et place du prince de ses rêves, elle était tombée sur un cortège des minables en tous genres, puis un jour elle
avait touché le fond, elle s’était retrouvée dans la rue, avec le sentiment abominable que cela devait être.
Virginie, la bénévole su secours, avait pris ce petit bout de femme en amitié, alors dés qu’il fut décidé d’organiser un
réveillon avant l’heure, pour les sans abri, Simone avait été la première invitée.
Aujourd’hui elle sentait son cœur plus léger, elle avait un objectif !
Le soir venu, elle se laissa griser par ce semblant de bonheur, elle goutait le moment présent et tant pis pour l’après,
l’après n’avait plus d’importance. Elle mangea peu, a force de jeuner on a plus très faim, il y avait peu d’alcool, un peu de mousseux pour le
dessert c’est tout.
Elle se laissa aller à danser surtout dans les bras de la petite Virginie parce qu’elle avait trop de mauvais souvenirs et de
peur aussi avec ses compagnons d’infortune.
Puis au petit matin, il fallut partir, conquérir un bout de macadam, et tenter de dormir.
Elle se sentit fatiguée, sa tête tournait, ça devait être le reste du petit
bonheur passé.
Elle se laissa tomber sous le porche d’un magasin de téléphonie, quelle ironie, pour elle qui n’avait jamais eu personne à
appeler, elle s’endormit.
Dans son rêve elle vit un étrange équipage, une voiture tirée par de beaux
chevaux blancs s’arrêter devant ce porche de magasin, elle vit un jeune homme lui tendre la main…
-« Ils finissent tous comme ça, trop de misère! » conclut le gars du SAMU en refermant le sac qui emportait Simone
vers la morgue.
Pour les impromptus litteraires
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