La neuvième symphonie comme un port d’attache, un repère, une sécurité pour toute vie pourquoi pas après tout ? L’œuvre maîtresse du pré romantisme redessinée comme un des premiers cadeaux de l’enfance, peut modifier l’approche de la musique pour une existence entière. Nous sommes modelés par les premières notes qui ont été capable d’éveiller à proprement parlé la sensibilité musicale d’un être. Je suis certain que j’aurais été différent si ma première rencontre émotionnelle avec un orchestre avait été autre que le trésor de Beethoven. C’est pourquoi une fois encore je remercie le ciel d’avoir placé sur le chemin de l’enfant de cinq ans que j’étais, ce vieux prêtre sans qui la musique aurait été autre pour moi. Dés lors la révélation fut évidente ! Mes goûts, mes humeurs musicales ont été diverses parfois éloignées mais jamais je n’ai pu entendre ce morceau sans avoir les larmes aux yeux.
Le temps passa mais rien vint convaincre Berthe que ça avait marché alors elle prit peur.
Il lui semblait qu’Emile la regardait autrement, qu’il soupçonnait quelque chose.
Dans son désarroi elle contacta ce qu’on appelait à l’époque une faiseuse d’ange.
Qui lui donna l’adresse, on ne le saura jamais.
Elle se rendit chez cette personne qui officia dans une arrière salle crasseuse avec du matériel tout aussi douteux que la pièce.
Elle en reparti faible et douloureuse.
L’infection gagna Berthe rapidement et ce la se transforma en septicémie.
Elle agonisa dans d’affreuses souffrances à l’hôpital pendant qu’Emile découvrait amèrement son infortune et peut être sa semi culpabilité.
Lorsqu’elle rendit l’âme elle venait d’avoir vingt six ans.
La police convoqua jean dans la matinée du lendemain et l’interrogea longuement au quai des orfèvres mais rien ne l’accusant il fut remis en liberté tard dans la soirée, il en sorti brisé, tremblant.
Il se fiança et se maria avec son amie et eut un fils, mais jamais il n’oublia Berthe et garda ce lourd fardeau au fond du cœur jusqu’à sa mort.
Je n’ai pas écrit cette histoire dans le but de faire un procès à l’avortement.
Loin de moi l’idée de juger qui que se soi, de plus je ne suis pas femme et par conséquent difficilement à même de me rendre compte du courage dont ces femmes ont fait preuve.
Je l’ai juste écrite parce qu’elle me touche et que voulais en parler à des amis.
Très vite Berthe dut se rendre à l’évidence, le temps passait et Emile ne serait pas d’un grand secours, alors il restait Jean.
Jean avec sa jeunesse, son innocence…
Lors de l’une de leur fréquente rencontre elle lui avoua sa grossesse et le convainquit qu’il en était l’auteur.
Le jeune homme pensa tout d’abord qu’il devait assumer ses responsabilités et affronter la colère du mari mais Berthe s’y refusa catégoriquement.
Elle lui rappela que sa mère avait un poste non négligeable à l’hôpital et que par conséquent elle se trouvait sans doute dans la possibilité de les tirer de ce mauvais pas.
Jean cette nuit là ne dormit pas beaucoup et se demanda comment sa mère réagirait.
Puis il y avait cette jeune femme qu’il voyait, d’ailleurs il venait de se rendre compte durant cette veille involontaire que c’était bel et bien de l’amour qu’il éprouvait pour la belle.
C’est parfois lorsqu’on risque de perdre quelqu’un qu’on se rend compte qu’il a pris autant d’importance.
Il n’y avait pas eu d’union de la chair avec cette jeune fille mais une réelle communion des sentiments.
Le lendemain dans la soirée, il rendit visite à sa mère et lui raconta toute l’histoire, elle fut attentive, ne se fâcha pas mais émis tout de même quelques réserves sur la certitude de la paternité de son fils.
Depuis un bon moment l’immeuble n’était plus dupe et Germaine savait bien que Jean n’était pas le seul homme à visiter la couche de la jeune femme.
Elle promit cependant de lui ramener « ce qu’il fallait » pour le lendemain.
Elle tint parole, et Jean remis à Berthe les médications capables de la délivrer.
Cette fois tout semblait s’arranger, le cauchemar prenait fin, il faudrait simplement se montrer beaucoup plus prudente à l’avenir.
Elle se prit même à regarder Emile d’un autre œil et se dit qu’il n’était pas si mauvais homme au fond.
Tout redevenait plus facile, le mauvais temps était passé.
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