J’ai entendu hier la transcription pour piano de Liszt de l’ode à la joie.
Ça n’était pas la première fois bien entendu et pourtant mon cœur s’est envolé de bonheur…
J’ai entendu hier la transcription pour piano de Liszt de l’ode à la joie.
Ça n’était pas la première fois bien entendu et pourtant mon cœur s’est envolé de bonheur…Le fauteuil est là avec un livre encore ouvert, une tasse de thé attend sagement dans sa soucoupe qu’on la finisse, les lunettes sont posées à côté.
Il flotte encore un peu de sa présence, on devine son parfum, la bibliothèque semble être prête à l’attendre pour l’éternité…
La pièce est vide, il ne demeure que les traces des tableaux au mur, les livres sont empilés dans des cartons, le fauteuil est parti pour ailleurs tout comme la porcelaine.
La maison devra bientôt recevoir d’autres gens, exhaler d’autres parfums, résonner d’autres musiques …
Le souvenir ne s’est jamais évanoui et j’ai gardé intact au fond de ma mémoire l’image de ce lieu où il reviendra un jour pour reprendre sa lecture et se réfugier au fond du bon vieux fauteuil.
Je serai présent pour l’accueillir, j’aurais fais chauffer l’eau pour la théière et les préludes de Chopin nous dispenseront de nous parler.
Nous nous assoirons l’un en face de l’autre en silence, juste en souriant, juste en oubliant…
En oubliant qu’en cette minute nous n’appartenons qu’à un rêve et que tu es parti, il y a bien longtemps déjà, attendre mes parents, ta tante et ton oncle, là où nous irons tous…Voici quelque temps j’ai fait la connaissance d’une dame qui souffre de la même maladie que moi.(La fibromyalgie)
Une maladie sournoise,invisible, non reconnue, et qui s’attaque aussi bien à la force physique qu’a la force morale.
Non but aujourd’hui n’est pas de parler de ce truc qui gâche la vie de tant de gens mais plutôt de rendre hommage au courage dont cette personne fait preuve.
Elle est atteinte plus durement que moi et ne cède pas au découragement même si parfois celui-ci la menace.
Je sais qu’aujourd’hui elle est en famille, entourée, et qu’elle vit un bon moment.
Je lui dédie donc l’article d’aujourd’hui pour lui dire que j’ai confiance en son envie de se battre et j’en profite pour la remercier de la bannière qu’elle a réalisé à mon intention.Je suis toujours allé travailler en tenue de ville, une habitude sans doute, mais à présent que je travaille dans un environnement particulièrement sale et où je sois, pour exercer ma fonction, avoir sur moi un grand nombre de choses, (mètre, clef à pipe, appareil photo, marqueur, etc.) je ne sais plus comment me vêtir.
Romana est intervenue, garante habituelle de la maintenance du foyer, elle a réfléchi à la question et a trouvé une solution.
Mais cette fois elle a fait fort.
Elle m’a entraîné, malgré mes réticences, dans une boutique spécialisée dans le surplus de l’armée et voici votre serviteur en treillis et blouson militaire.
J’avoue que c’est pratique et chaud, car nous n’avons pas de chauffage dans l’atelier, mais je ne me reconnais pas moi-même.
Pour un changement c’est un changement !Nous avions grande peine, ma mère et moi, à suivre les recommandations de mon père qui étaient de ne pas nourrir les chats vagabonds.
Ces derniers trouvaient, malgré tout, toujours un fond de lait dans un bol et quelques victuailles échappés du dernier dîner.
La plupart passaient leur chemin après avoir repris quelques forces, mais certains devenaient des « habitués », parfois il arrivait qu’un plus culotté que les autres pousse la porte.
C’est comme ça qu’elle est entrée, un soir, dans notre famille.
Elle a sauté sur un fauteuil et nous a considéré sans crainte mais avec une confiance sereine.
Mon père, après avoir maugréé pour la forme, nous a dit « et bien nous l’appellerons 48 !
Ça doit bien être le 48 ème que nous hébergeons. »
48 m’a tout de suite témoigné beaucoup d’attachement.
Elle guettait mon retour, me précédait dans ma chambre et ne quittait pas mes genoux lorsque j’ouvrais un livre.
Elle ne profitait pas de sa liberté, exception faite des fois où un beau garçon l’avait convaincue d’une courte désertion.
Un jour cependant, elle n’était plus là, j’ai battu la campagne la peur au ventre.
J’étais sur le point de renoncer, la nuit venue, à ma quête désespérée lorsque j’ai discerné dans un talus proche de notre habitation, une forme blanche.
Elle était là, étendue, son petit corps secoué de spasmes.
J’ai hurlé ma douleur et ma colère en revenant chez nous.
J'ai hurlé mon impuissance aussi.
Nous avons tous deux attendu la fin, moi assis dans le salon, elle, expirant dans la souffrance couchée sur mes genoux.
Nos finances étaient à l’époque si désastreuse qu’il était impossible de nous offrir la consultation chez un vétérinaire de nuit.
J’ai du donc me résigner, la mort dans l’âme, à la soutenir du mieux que je pouvais, pendant qu’elle rendait son dernier souffle.
C’était une petite chatte blanche avec de grands yeux verts qui ne reflétaient que l’amour.
Tu fus mon amie, ma confidente, mon petit bijou, mon amie…
Tu ne t’es pas invitée seulement dans la maison mais aussi dans mon cœur et tu y vis toujours à l’abri de la noirceur et de la violence aveugle de ce monde.
Commentaires