Présentation

Pour me joindre

matheo.a@hotmail.fr

Commentaires

Dans les deux ans qui suivirent, mon acharnement à vouloir sortir quelque chose du jouet, conduisit mes parents à m’offrir un orgue électrique, ancêtre du piano numérique actuel.

J’en détestais le son mais je me montrai ravi de pouvoir enfin jouer des petits morceaux.

Mon assiduité, là encore, encouragea la famille  à me trouver un professeur auprès duquel je découvris les rudiments du solfège et le b-a-ba de la technique pianistique.

A partir de ce moment, je n’eus plus qu’une seule obsession, m’améliorer, comprendre, traduire les notes en émotion, les apprivoiser…

C’est au cours de cette même période qu’un nouveau bouleversement vint frapper notre foyer.

Une de mes trois tantes maternelles dut se faire opérer du cœur et ses enfants, au nombre de trois à cette époque, furent repartis au mieux dans la famille.

C’est ainsi que Christiano, mon cousin germain d’un an mon cadet, vint s’installer chez nous.

Ce petit frère tombé du ciel me comblait.

Nous fréquentions la même école primaire et il devint vite mon professeur pour faire mes toutes premières bêtises d’enfant.

Il était mon contraire presque en tous points.

Robuste, sportif, extraverti, bagarreur à l’occasion, c’était un garçon bien dans sa peau et je lui vouais une réelle admiration.

Nous cultivions, tous deux, une belle complicité et jamais il ne fut question de jalousie entre nous.

Le cadeau de mon Noël 1966 ne tint pas dans un paquet.

Lorsque je le découvris, je ne sus que pleurer de joie.

UNPIANO !

ajouter un commentaire commentaires (12)   

Les cinq premières années de mon existence ne furent troublées que par mes éternels tracas de santé.

J’étais entré à la maternelle et y avais découvert la vie en communauté dans la laquelle j’avais eu grand peine à m’intégrer, mais bon gré mal gré,  j’avais fini par trouver mes repères.

Maman avait mis son activité entre parenthèse, pour être en mesure de se consacrer entièrement à moi.

Elle aidait au cours de catéchisme à la paroisse du sacré cœur, je l’avais suivi et m’y était épanoui.

Lorsque Noël approcha, on m’emmena dans u  grand magasin parisien afin de m’aider à formuler ma requête auprès du  père Noël.

C’était la caverne l’Ali Baba !

De tous les côtés, c’était l’émerveillement et il me fut bien difficile de fixer mon choix.

J’avais toutefois repéré un superbe tableau de bord, face auquel je n’aurai aucun mal à m’imaginer aux commandes d’une voiture de course, quand mes yeux tombèrent sur un petit piano.

C’est assez embarrassé, que je dus fixer mon choix.

Je demandai le tableau de bord mais en précisant que le piano serait le bienvenu.

A ma grande surprise, je découvris au pied du sapin, au matin du 25 décembre 1963

Deux paquets joliment emballés.

Je devais très vite abandonner le volant pour ne plus quitter qu’à grand peine le petit instrument…

ajouter un commentaire commentaires (11)   

A ce stade du récit, il vient le moment où je vais devoir abandonner le ton impersonnel pour réinvestir le première personne du singulier même si l’exercice en sera rendu plus périlleux.

Je fus aux dire de mes parents un bébé facile à vivre.

Ma condition de fils unique m’avait permis de développer un très grand sens de l’imaginaire.

Je m’étais inventé de fidèles amis à la loyauté indéfectible.

Tour à tour je devenais un courageux cow-boy lancé à la conquête de l’ouest ou un preux chevalier prêt à sauver sa noble dame.

Je ne ressentais pas le besoin d’avoir un contact avec d’autres enfants et d’ailleurs ce manque d’expérience faisait que je vouvoyait des gosses du même age que moi, ce qui ne manquait pas de m’attirer les moqueries des autres.

Mon vrai problème était déjà ma santé qui était très fragile, j’attrapais pratiquement tout ce qui traînait et cela prenait toujours chez moi  une ampleur hors du commun.

Le médecin de famille avait conseillé à ma mère de m’emmener promener au cimetière plutôt qu’au square. Selon lui, l’air y était plus sain grâce aux grands marronniers plantés en bordure le long de chaque grande travée, comme des gardiens attentifs et muets. C’est donc en ce lieu que j’appris à marcher .
Pendant que je m’amusais à garnir mon petit seau de marrons, des mères pleuraient leurs jeunes fils tombés en Algérie.
Mon age me protégeait de toute cette tristesse ambiante jusqu’au jour où malencontreusement, mes yeux tombèrent sur une des plus terrifiantes images, si terrifiante qu’elle demeure gravée dans ma tête.
Sans doute, y avait il eu des exhumations d’anciennes concessions, et là, au détour d’une allée, sur un bout de trottoir, des os étaient abandonnés au soleil.
Je me souviens d’avoir été choqué par la grandeur et la blancheur de ces pauvres restes.
Ce fut à cet instant que je pris conscience que toutes ces pierres qui m’étaient devenues si familières étaient en fait le dernier refuge de gens, morts, étrangers, mais qui ce jour là,par cette apparition soudaine reprenaient vie un court instant dans ma tête de gamin.
Ma première rencontre avec la mort…

ajouter un commentaire commentaires (11)   

Les trois premiers mois se passèrent sans dommage quand Marie faillit perdre de qui était déjà son trésor.

Un traitement de cheval lui fut administré et elle dut garder le lit jusqu’à la fin.

Afin de l’occuper pendant ces mois interminables, Jean acheta un poste de télévision et il se transforma en fée du logis après le travail.

Le traitement se montra si efficace qu’il fallut provoquer l’accouchement dix jours après le terme.

Cela se traduisit par douze heures de terribles souffrances, mais le premier juillet à six heures vingt très précise, on lui posa sur le ventre un petit garçon, fragile, récalcitrant aux pleurs mais vivant !

Lee choix du prénom avait été au cœur de bien des débats durant des semaines, ce devait être Daniel ou Danielle, puis presque au dernier moment Jean avait opté pour Christian ou Christiane mais il savait que Marie affectionnait tout particulièrement un autre nom et lorsqu’il alla déclarer son fils et que l’employé lui posa la question, il répondit presque sans réfléchir.

-« Mathéo »

 

ajouter un commentaire commentaires (16)   

Jean avait été clair en ce qui concerne ses intentions de paternité.

Il n’en était pas question.

Marie savait qu’elle pourrait un jour ou l’autre lui faire changer d’avais mais elle préférait attendre et l’amener doucement à revoir sa position.

Les moyens de contraceptions de l’époque n’étaient pas ceux aujourd’hui et la jeune femme, un jour du mois de novembre 57, dut bien se rendre à l’évidence.

Elle ne voyait plus comme on disait en ce temps là.

Après la confirmation de sa grossesse, elle prit sa belle-mère pour alliée afin d’annoncer la nouvelle à son mari.

Cette dernière se fit convaincante pour faire avaler la pilule à son fils.

-« Il me semble qu’un enfant se fait à deux ! » S’écria-t-elle lorsque celui-ci commença à maugréer.

Le choc passé, il fut le premier à préparer l’arriver du bébé et Marie de son côté était dans la béatitude…
ajouter un commentaire commentaires (9)   

Calendrier

Décembre 2007
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
<< < > >>

Communauté

Rechercher

Blog : Guides d'achat sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus