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D'Alphonse de Lamartine.

Sur les ruines de Rome.

Un jour, seul dans le Colisée,
Ruine de l'orgueil romain,
Sur l'herbe de sang arrosée
Je m'assis, Tacite à la main.

Je lisais les crimes de Rome,
Et l'empire à l'encan vendu,
Et, pour élever un seul homme,
L'univers si bas descendu.

Je voyais la plèbe idolâtre,
Saluant les triomphateurs,
Baigner ses yeux sur le théâtre
Dans le sang des gladiateurs.

Sur la muraille qui l'incruste,
Je recomposais lentement
Les lettres du nom de l'Auguste
Qui dédia le monument.

J'en épelais le premier signe :
Mais, déconcertant mes regards,
Un lézard dormait sur la ligne
Où brillait le nom des Césars.

Seul héritier des sept collines,
Seul habitant de ces débris,
Il remplaçait sous ces ruines
Le grand flot des peuples taris.

Sorti des fentes des murailles,
Il venait, de froid engourdi,
Réchauffer ses vertes écailles
Au contact du bronze attiédi.

Consul, César, maître du monde,
Pontife, Auguste, égal aux dieux,
L'ombre de ce reptile immonde
Éclipsait ta gloire à mes yeux !

La nature a son ironie
Le livre échappa de ma main.
Ô Tacite, tout ton génie
Raille moins fort l'orgueil humain !
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Texte d'Emile Nelligan

Fais, au blanc frisson de tes doigts,
Gémir encore, ô ma maîtresse !
Cette marche dont la caresse
Jadis extasia les rois.

Sous les lustres aux prismes froids,
Donne à ce coeur sa morne ivresse,
Aux soirs de funèbre paresse
Coulés dans ton boudoir hongrois.

Que ton piano vibre et pleure,
Et que j'oublie avec toi l'heure
Dans un Eden, on ne sait où...

Oh ! fais un peu que je comprenne
Cette âme aux sons noirs qui m'entraîne
Et m'a rendu malade et fou !

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Et si ce n’était qu’un rêve très noir,

Juste un horrible cauchemar…

Si j’allais, ce matin au réveil

A l’heure où  se lève le soleil,

Te trouver là, près de moi.

Quel serait, alors, mon émoi !

Nous irions nous assoir autour d’un petit déjeuner

En nous chamaillant, comme des gamins excités

De savoir que la vie est devant nous

Et que nous la buvons jusqu’à en être saouls.

Je ne serais même pas à l’aube de mes vingt ans,

Ma vie serait à son printemps.

Notre amour écrirait notre avenir

Et nous aurions tout à construire.

Il n’y aurait que de l’espoir à lire dans nos yeux

Car aucun nuage ne menacerait nos cieux.

 

Mais lorsque je vais me réveiller

Ta mort sera toujours une réalité…

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Mes pensées dérivent malgré moi

Insoumises, elles voguent vers toi.

Le quotidien s’efface, se dissout

La vision du présent se fait floue.

Je m’abandonne enfin à la rêverie

Comme un papillon s’enivre à la prairie,

Butinant des souvenirs de bonheur

Comme lui butine les fleurs….

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Je devine ton souffle dans mon dos

Ta main caresse mes cheveux doucement

A elle seule ta présence est un cadeau

Et le trouble me gagne confusément

 

Tu demeures  abritée par la pénombre

Ton parfum discret vient m’enveloppé

Le plafond se joue de nos deux ombres

Fugacement le bonheur se laisse attraper

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