Recevez cette petite bulle échappée
volubile, pleine de légèreté
Elle est chargée de toute mon amitié
Attention près de vous elle va éclater
Recevez cette petite bulle échappée
volubile, pleine de légèreté
Elle est chargée de toute mon amitié
Attention près de vous elle va éclater
Tu sais il y a tant de jours où je voudrais te dire, t’expliquer…
Nous n’avons jamais su nous parler, nous étions si proche l’un de l’autre, si identiques que nous nous repoussions.
Lorsque maman est partie nous avons cohabités un peu comme deux étrangers parce que nous devions nous redécouvrir, la mort de la femme que, tous deux, nous aimions le plus au monde, nous avait tellement changés.
Je fus le premier à faillir sous le coup du chagrin mais tu as été là, déterminé jusqu’à ce que je retrouve le courage de vivre, lorsque ce fut ton tour de t’écrouler mon aide fut beaucoup moins appuyée parce qu’une fois de plus je ne sus pas trouver les mots qui convenaient ni avoir les gestes que tu attendais certainement.
Lorsque cette maladie aussi subite que foudroyante t’est tombée dessus, j’ai eu le bon reflexe et je t’ai caché la vérité inexorable puisqu’aucun traitement n’était envisageable. Encore aujourd’hui, je ne regrette pas cette décision et je sais au plus profond de mon cœur que j’ai bien agi.
Le spectre de la mort t’aurait terrifié et tu n’avais même plus le temps de t’habitué à cette idée.
Seulement une fois de plus j’ai fait preuve de lâcheté, je ne supportais pas de te voir sur ce lit d’hôpital ignorant tout de ton état et j’ai privilégié la fuite plutôt que la présence à laquelle tu avais droit.
Quand tu m’as appelé à minuit sur mon portable le destin était en marche.
Tu m’as lancé un appel et je lui ai répondu bien sûr mais trop tard.
J’ai roulé à tombeaux ouverts et lorsque le médecin m’a annoncé sans aucun ménagement qu’il ne s’agissait plus que de minutes et au mieux d’une heure ou deux j’ai préféré ne pas et j’ai nié l’évidence.
J’ai voulu prendre ta main mais tu te débattais dans un combat qui échappait déjà aux vivants, pourtant tu as repris tes esprits tu m’as dis que tu voulais tes lunettes et puis que tu avais soif.
Tu as regardé en arrière de ton lit et soudain ton visage s’est éclairé.
J’ai compris quelques secondes plus tard que Maman était venue te chercher.
Cela va faire dix ans que tu m’as abandonné et si Rom n’avait pas été là je serais auprès de vous depuis fort longtemps.
Je t’aime mon père, je t’aime Papa.
Une silhouette qui se dessine
Dans la lumière de la tombée du jour
Et mon émotion grandit, se décline
puis l’embrasement du corps devient amour ….
Viens là, approche-toi
Réfugie-toi dans mes bras.
Offre-mo i l’un de tes plus beaux sourires,
Tu sais que je ne puis que te chérir.
Et s’il s’approche de noirs nuages
Annonciateurs de mauvais présages,
Je saurai faire se lever le vent
Pour que luise le soleil comme avant….
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