C’était une fille de la campagne mais ses rêves étaient ceux d’une citadine.
Elle partit donc encore au seuil de l’adolescence pour Paris, « elle montait à Paris » mais elle dû vite se rendre à l’évidence la vie n’y était pas facile et le travail n’avait rien de très excitant lorsqu’on n’avait aucun bagage.
Sa seule distraction était la séance de cinéma hebdomadaire qu’elle s’accordait et qui l’emmenait loin de son odieuse chambre de bonne sans commodité aucune.
Un soir un homme qui avait plus du double de son age l’aborda, il se montra prévenant et se présenta comme un employé aux impôts.
Leurs rencontres furent rythmés par chaque fin de semaine, au bout de quelques temps il lui fit comprendre qu’un dîner avec elle le comblerait. Elle refusa longtemps cette invitation renouvelée chaque fois mais au fond elle était flattée qu’un homme ayant une si bonne situation s’intéressa a elle. En outre le monsieur était bien élevé, se montrait patient et généreux.
Chaque samedi soir il l’attendait devant le cinéma un bouquet à la main.
Elle céda un soir et tout alla très vite à peine huit mois plus tard ils se mariaient.
La vie de désormais Madame Darbois n’était pas déplaisante mais aussi ennuyeuse que ce mari moins attentif depuis qu’il s’était trouvé une épouse.
Elle se montrait une parfaite femme d’intérieur, mitonnait de bons petits plats et attendait le maître de maison sagement en lui offrant son plus beau sourire pour l’accueillir à sa sortie du bureau.
Les mois passèrent dans cette vie sans aucune surprise, lui avait repris ces anciennes habitudes et trois fois par semaine il passait sa soirée à jouer aux cartes avec ses amis dans un café deux rues plus loin, le dimanche ils allaient déjeuner ou recevait belle maman qui avait toujours quelque chose à reprocher à cette bru qu’elle n’avait pas choisie.
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