Une petite fourmi se balade sans s'occuper de moi et soudain je me rends compte que sa vie est entre mes mains pour ne pas dire sous mon pied.
Je peux l'écraser sans que sa mort ne m'émeuve, ou même sans qu'elle ne me fasse réfléchir.
Il ne s'agit que d'un geste anodin, sans conséquence.
Un geste que j'aurai oublié dans une minute.
Mais si je considère différemment la bestiole, si je lui accorde la qualité d'être vivant, de créature de Dieu, alors cet acte deviendra bien moins facile parce que cette fois j'aurais conscience de décider d'un destin…
Je pense que cette réflexion s'applique au genre humain et beaucoup plus que nous serions prêts à le croire.
Prenons nos politiques, même s'ils ne contestent pas notre caractère humain, enfin j'ose le croire, ils nous considèrent qu'au travers d'un chiffre, plus exactement d'un pourcentage.
On applique une décision à un pourcentage de la population pour, soi disant, le bien du pays, sans prendre en compte les conséquences sociales sur les personnes concernées.
Prenons l'exemple du possible déremboursement des médicaments, dits de confort, pour les maladies de longues durées.
On va pousser les malades à souscrire à une mutuelle complémentaire, sachant que ces gens, dans la plupart des cas, ne sont plus en état de travailler et ont donc de très maigres ressources.
Le résultat crève les yeux, ils n'auront plus les moyens d'avoir accès à leur prescription médicale.
Parallèlement la minorité qui fera l'effort d'adhérer à une mutuelle donnera la bonne excuse pour qu'aussitôt les tarifs explosent, et évidemment l'effet boule de neige ne se fera pas attendre les gens les plus fragiles économiquement, devront renoncer à leur tour, à leur couverture complémentaire.
Alors, Mesdames et Messieurs les décideurs, regardez la petite fourmi avec compassion et détournez vos pieds de son cheminement laborieux...

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