Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /2009 00:00

                                               

                                                             fredpanassac


C’est plaisant ce petit bal musette sous les marronniers de la place, pense la vieille madame Brisset en souriant.

Depuis combien de temps, Catherine n’a-t-elle pas été au bal ?

Il vaut mieux ne pas y penser, vous dirait-elle.

Elle prend plaisir à voir s’amuser les jeunes gens, cette soirée est si douce sous le beau mois de juillet, la sono n’est pas très bonne mais après tout quelle importance, du moment que tout le monde est heureux.

Elle a bu un verre avec monsieur le maire et un autre avec monsieur l’instituteur, à son âge, il n’en faut pas plus pour tourner un peu la tête.

Elle voit soudain les lampions s’évanouir, de beaux lustres prennent leur place, un orchestre joue Strauss, on est à Paris elle a seize ans.

Comme elle belle notre Catherine !

Elle sera la reine de la soirée. Affirme Maude sa mère.

Et de fait, Catherine fait tourner la tête de tous les garçons, c’est à peine si on ne se querelle pas pour inscrire son nom sur le carnet de bal de la demoiselle.

Ils ont si fière allure, tous de beaux partis et plus charmants les uns que les autres.

Ah bien entendu, il faut se méfier des séducteurs qui ne chassent qu’une nouvelle conquête à ajouter à leur palmarès.

Maude s’est montrée claire à ce sujet, mais il a d’autres jeunes hommes tous plus respectables les uns que les autres, et Catherine n’en revient pas de voir que sa seule présence, qu’un seul de ses sourire suffit pour faire briller des étoiles dans leurs yeux.

Les autres bals furent moins étonnants mais tout aussi plaisants, Catherine y lia de belles amitiés.

Elle y connut le bel Edmond fils d’un gros banquier Parisien, Lucien héritier d’une grande maison d’édition, René qui hésitait entre la « carrière » et le sacerdoce et tant d’autre.

Il y eut aussi des élans, des complicités, des affections troublantes.

Elle faillit perdre son innocence dans les bras de Louis de Lanssac, mais elle se refusa au dernier moment, sans qu’elle ne connaisse, elle-même, les raison de son refus.

Ah qu’ils étaient délicieux ces bals…

Puis son jeune frère, Alexandre, tomba malade, le médecin encouragea la famille à s’établir à la campagne pour aider à la convalescence de l’enfant.

Cet exil fut pénible mais pourtant le soir du quatorze juillet 1913 la jeune fille accepta de danser avec Edouard Brisset, fils de fermier, elle l’épousa par amour au grand dam de la famille en mai 1914.

Catherine n’a plus jamais eu de carnet de bal elle n’a jamais plus danser non plus, depuis qu’Edouard est tombé quelque part dans la somme en 1916.

Ce petit bal sous les marronniers est le dernier de la vieille dame qui va s’éteindre un peu avant que le siècle qu’elle a traversé ne meurt.

En débarrassant le grenier, Xavier son arrière petit fils, trouve une sorte de carnet enveloppé d’un mouchoir de batiste, un carnet de bal….

 


Pour une consigne de  papier libre

Par Matheo - Publié dans : Textes - Communauté : papierlibre
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 05:00


J’allais à la bibliothèque lorsque mes moyens m’interdisaient de faire une virée à Paris.
J’adorais l’atmosphère de cet endroit, j’y trouvais presque la quiétude qu’offre une église, le même recueillement.
J’aimais entendre craquer le parquet sous mes pas, la lumière tamisée que distribuait des lampes de lecture, et fabriquant des ombres sur les tables, chargeait mon imagination comme l’éclair charge l’air d’une énergie dense et un peu mystérieuse.
Un chuchotement troublait parfois le silence ponctué du son des pages tournées.
J’ai toujours eu une faiblesse pour les beaux livres et depuis longtemps je me constitue une collection regroupant les ouvres que j’ai aimé.
Je les trouve presque rassurants alignés avec soin sur leur étagère, ils sont les gardiens muets de mes passions, de mes émotions…
Toutefois, je garde une certaine tendresse pour les ouvrages maltraités par leurs lecteurs, on y voit des traces de larmes séchées, une page marquée et on trouve la phrase qui a bouleversé quelqu’un avant de vous bouleversé vous-même.
 Le livre tisse un fil entre les gens sans que ceux-ci ne se rencontrent jamais.
Chaque livre est une porte à pousser.
Chaque porte s’ouvre sur un monde à découvrir, à vivre.
Chaque monde cache son trésor au travers  l’encre d’imprimerie….


Par Matheo - Publié dans : Textes
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 05:00

Ben je vais vous dire, ce n’est vraiment pas facile en ce moment dans la niche !

Mathéo est malade, ça vous êtes au courant il se plaint assez, mais ce qui est grave c’est qu’il a fait mettre le chauffage, monsieur à froid !

Oui mais moi je sue, je me fais l’impression de vivre dans un sauna !

Le comble c’est que monsieur n’a pas faim, et là c’est encore plus  grave !

Quand il a faim il me donne la moitié de son assiette en douce, bon il arrive que mman demande pourquoi je claque de la bouche mais Math trouve toujours une explication un peu vaseuse du genre il gobe les mouches.

Je vous l’accorde c’est idiot, d’abord parce que je ne mange pas les mouches et ensuite parce qu’il n’y en a pas dans la salle.

Mais revenons à nos moutons, comme il n’a pas faim il ne prend  rien et la moitié de rien ça fait ????

Ca fait ????

Ben ça ne fait rien.

Si ça continue je vais devenir une ombre de labrador moi!


Par Matheo - Publié dans : Luciano.
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 05:00



Photo Flickr





Ce n’est pas si mal d’être un canard après tout

pensait le caneton en suivant sa mère.

On peut s’amuser,  il ya des jeux partout

On croise des oies,  ce sont de vraies commères !

 

A la nuit venue, on nage au clair de lune,

on joue à cache-cache avec tous les reflets,

Sur les rives, on trouve parfois fortune,

là, ou les pécheurs avaient posé leur filet.

 

Souvent de braves gens nous apportent du pain.

Ce sont nos amis,  nous leur faisons confiance.

On fait mine de se battre avec les  copains,

mais on bâtit déjà nos futures alliances.

 

Le jeune canard voit s’approcher l’être humain,

il court vers lui, il se dit voila le diner,

il ne voit pas ce que l’homme tient dans les mains,

Le fusil tonne, le canard meurt étonné…

 

Sur la rive, on voit encore un peu de sang,

et quelques plumes se dispersent sous le vent.

Le chasseur  a emporté le pauvret innocent.

Depuis, on entend le marais pleurer, souvent.

 

 

Par Matheo - Publié dans : Textes
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /2009 05:00

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La belle ascension  d’Henri le bleu me laisse dans un état un léthargique, Je vis dans un monde de coton et si j’essaie d’aligner quelques mots cohérents mon esprit se met à jouer à saute-nuages.

Je vous souhaite donc un bon dimanche à tous.




Henri le bleu : nom que donnaient au thermomètre médical les malades de la montagne magique de Thomas Mann.

Par Matheo - Publié dans : Mathéo
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Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /2009 05:00

Mardi, premier jour de l’automne.

Mercredi premiers symptômes d’une trachéite.

Mon  médecin me dit d’un air contrit, votre système immunitaire n’est pas assez fort, vous attrapez tout ce qui traine.

Ah j’admire les hommes de science !

Celui-ci l vient de formuler dans cette courte phrase ce que je sais depuis l’enfance.

Après tout je ne le connais que depuis une petite vingtaine d’années et force m’est de constater qu’il réfléchit longuement avant d’avancer une hypothèse..

Je vais vous dire la vérité.

Mon système immunitaire n’a rien de faible mais seulement, chuuuuut, approchez votre oreille,

Mes leucocytes sont pacifistes….

 

Par Matheo - Publié dans : Mon village
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 05:00

 

Elle avait déjà choisi des prénoms, ce serait François pour un garçon et Marie pour une fille.

Dans les magasins, elle aimait regarder les petits vêtements, les jouets au moment de Noël, elle se disait que ceci ou cela n’était pas mal, parfois, elle fondait littéralement devant un article, le prenant et le retournant tout en sachant bien, qu’elle ne le poserait pas dans son caddie.

Elle était mariée, elle aimait son mari, tous deux étaient désireux de voir la famille s’agrandir mais la chambre avait finie par se transformer en un bureau, en attendant….

A force d’attendre l’âge était venu, l’attente avait cessé, l’espoir de chaque mois avait disparu, le bureau resterait bureau et il n’y aurait pas de balançoire dans le jardin.

La chambre demeurerait le témoin silencieux d’un amour sans fruit…

Par Matheo - Publié dans : Textes
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /2009 05:00
La vie réserve parfois des surprises.
Quelqu’un s’installe à côté de chez vous, vous n’y prêtez pas une attention particulière, puis au fil des jours on se rencontre, on apprend à se découvrir peu à peu, un bonjour lorsqu’ on se croise et puis basta, chacun chez soi.
 Ce sont souvent les seules relations que l’on entretient avec le voisinage et c’est très bien, mais voila, il arrive que les choses différent, qu’elles ne soient pas aussi simples.
 Lorsque nous nous sommes rencontrés la première fois, il y a eu un intérêt immédiat de part et d’autre.
Très vite je me suis redu compte qu’inconsciemment je guettais sa présence et je crois pouvoir affirmer qu’il en faisait autant.
 Dés que nous nous apercevons nous allons au devant l’un de l’autre. Vous l’avouerais-Je, j’aime mon voisin.
 On ne peut rien contre ça !
C’est comme ça !
Je suis tombé sous son charme, et je n’ai rien fait pour m‘en défendre.
Il est beau, il a un an, il s’appelle Fripon, c’est un chat adorable…


Par Matheo - Publié dans : Mathéo
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 05:00

Picasso dit à Marie Laurencin qu’il désire ériger une statue à la mémoire de Guillaume Apollinaire.

Elle lui demande :

-une statue en quoi ?  En bronze, en marbre ?

Picasso (l’oiseau du Bénin) répond

-« Non, c’est trop vieux, il faut que je lui sculpte une statue en rien, comme la poésie et comme la gloire. »




Le projet présenté en 1928 sera rejeté par le conseil municipal.

 

Par Matheo - Publié dans : Mathéo - Communauté : A Paris
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 05:00
 

 

La pierre est chaude réchauffée par le soleil de tous les étés passé,

Protégée par la croix qui brille comme une foi jamais abandonnée.

Sur la pierre des noms familiers sont déjà gravés

Le mien aussi est là il apparaît le tout dernier.

La pierre est froide, glacée par tous les hivers passés

La pierre est froide, glacée par toutes mes larmes versées.

Je t'aime Maman


Tu aurais eu 77 ans aujourd'hui mais voilà 18 ans que tu m'as quitté...
Par Matheo - Publié dans : Mathéo
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