Elle fut écrite après l’écrasement de l’insurrection polonaise par les Russes le 8 septembre 1831.
Frédéric Chopin apprend cette terrible nouvelle alors qu’il est à Stuttgart.
L’épreuve est terrible pour lui, il se reproche de ne pas avoir pris part au combat, il tremble pour les siens.
O Dieu, existes-tu ?
Oui, tu existes et tu ne nous venges pas !
Ou bien es-tu moscovite toi-même ?
Cette exclamation traduit son désespoir.
Son déchirement va enfanter deux immenses œuvres.
Le Scherzo en si mineur et l’étude n°12 opus 10.
L’émotion est traduite dans chacune des notes et des accords de cette étude.
Je ne peux entendre ou jouer ce morceau sans m’imprégner du tumulte qui secoua le musicien.
Je pense que c’est le cas pour bon nombre d’interprètes et de mélomanes.
L’appropriation de cette colère si douloureuse fait vivre l’œuvre depuis 177 ans.
N’est-ce pas là, dans ce pouvoir de mémoire, que réside la force de la musique ?
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