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La consigne de papier libre proposait de parler du livre qui nous avait le plus marqué.

J’ai tout de suite pensé à la montagne magique de thomas Mann.

J’ai ensuite envisagé de parler de l’un des nombreux recueils de poésie que j’affectionne tant. Puis d’un seul coup je me suis aperçu que j’étais dans l’erreur il y avait quelque chose qui dépassait tout à mes yeux, mais le livre n’est pas encore publié peu importe,  il se sera, peut être est-il en train, alors je n’ai pas hésité, j’ai prévenu que la consigne n’était pas totalement respectée et puis voila.

J’ai versé de nombreuses larmes, l’émotion tenaillant ma gorge comme un étau au fil de récits amers.

J’ai souri et repris confiance en découvrant des histoires fraîches ou sucrées comme le printemps.

J’ai souvent poursuivi d’un long temps de réflexions des lignes aux saveurs aigres-douces.

Je me suis révolté plus d’une fois en découvrant  des aventures acides.

J’ai eu parfois le feu aux joues en flirtant avec des paragraphes épicés.

J’ai puisé de la force, du courage et l’envie de communiquer au fil de toutes ces lectures auxquelles je suis devenu accroc.

Ce n’est pas encore un livre mais ça le deviendra, c’est peut être en train de se faire.

Le titre est tranches2vies.

 

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Imaginons que soudain, toutes les télévisions, que toutes les radios de France, que toutes les pages d’accueil sur le net se taisent ou deviennent écrans noirs et qu’un seul et unique message s’adresse à nous.

MOBILISATION GENERALE

Quelle serait notre réaction, irions nous servir la patrie, comme avant nous nos aïeux, en lui offrant notre corps comme de la viande  distribuée à volonté  à un immonde géant insatiable.

Abandonnerions-nous femme et enfants pour faire notre devoir ?

Le devoir, l’honneur  ces mots devraient être imprimés dans nos manuels d’histoire couleur sang.

Et bien moi ce serait non !

Je ne veux être transformé  pour personne en objet de mort !

Je veux croire en la réconciliation des peuples, de tous les hommes.

Je veux que sur ma tombe soit inscrit « mort en aimant les autres » et non pas « mort pour un pays ».

 

 

 

Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m'en vais déserter

Depuis que je suis né
J'ai vu mourir mon père
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j'étais prisonnier
On m'a volé ma femme
On m'a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J'irai sur les chemins

Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens:
Refusez d'obéir
Refusez de la faire
N'allez pas à la guerre
Refusez de partir
S'il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer

 

 

Boris Vian
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Des restructurations internes se sont succédées ensuite mais sans casse. Livré à moi-même je décidai de me rapprocher de l’atelier et m’installai donc au cœur de la production dans un petit bureau désaffecté. Je découvris rapidement pourquoi on m’avait tenu à l’écart pendant tant d’années. Je découvrais les difficultés techniques et les facteurs humains et j’en tins compte évidemment dans ma façon de noter le produit fini, je l’avoue ce n’était guère professionnel mais comment faire autrement. Mon image s’améliora rapidement et les anciens griefs qui tenaient à de mauvais rapports s’effacèrent en quelques semaines. Mes collègues et moi, nous nous sommes ré apprivoisés en quelque sorte. Je représentais à moi seul la qualité, avec un regard de conseil sur la personne qui s’occupait de la réception. Sans que mon statut et moins encore mon salaire soit revu j’assistais aux réunions importantes et étais parfois invité a donner un avis. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je fis beaucoup d’heures pour tenter de gagner des marchés de sous traitante, ce qui était, nous le savions, notre dernière bouée de sauvetage. Il m’est arrivé de couvrir trois équipe sans pointer pour ne pas être dans l’illégalité, juste pour essayer de faire gagner quelques centaines d’euros à cette usine que je considérais comme mon village. Je ne regrette rien et s’il fallait le refaire je recommencerais. Il y a trois ans un cadre qui avait fait tous les services fus bombardé responsable de la réussite de la certification de la norme 9001, le problème est que le budget était inexistant et le resterait, c’était une certitude, on lui avait trouvé une occupation.

Jacques B était un homme que j’appréciais beaucoup contrairement à la plupart de mes camarades. C’est vrai qu’il n’avait pas son pareil pour couper un cheveu en quatre et pousser son interlocuteur au bord de la crise de nerf mais il était sensible et grand mélomane, nous partagions la même culture et il aurait presque pu être mon père. Il me tarabusta pour que je me présente sur la sa liste CGC aux élections du personnel et j’acceptai heureux de m’investir plus en avant et aussi satisfait de faire plaisir mais ce fut une grossière erreur, comme souvent je fus trahi par ma naïveté. Parachuté dans un monde qui m’était totalement étranger je m’aperçus un peu tard que je ne représentais que les cadres, un peu les employés, mais tout cela  au détriment des ouvriers s’il le fallait.

Au mois de décembre 2005 nous fûmes placés en redressement judiciaire avec six mois pour trouver un repreneur.

Le directeur de production associé à trois autres personnes proposa un projet de reprise et j’entrepris de tout faire pour le soutenir, je désirais plus que tout sauver l’usine.

Devant l’immobilisme de Jacques je me dressai et résolu de prendre des initiatives. Je le fis sans l’assentiment de Jacques et encore moins avec celui de son syndicat.

J’organisai une pétition en faveur des repreneurs et récoltai plus de deux mille signatures à la foire agricole de notre sous préfecture. J’envoyai des dossiers accompagnés de courriers au juge commissaire, au préfet, au maire de la commune  et au liquidateur judiciaire.

En siégeant au CE je m’aperçus que mon poste ne serait pas sauvé. Je me démobilisais deux ou trois jours avant de reprendre un combat qui me rapprocha de la CGT avec qui je travaillai jusqu’à la fin.

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