Extraits de "les rayons et les ombres".

Publié le par Mathéo

Pour ceux qui n'ont pas pu ouvrir la page

Dans le cimetière de... Par Victor Hugo


La foule des vivants rit et suit sa folie,
Tantôt pour son plaisir, tantôt pour son tourment ;
Mais par les morts muets, par les morts qu'on oublie,
Moi, rêveur, je me sens regardé fixement.

Ils savent que je suis l'homme des solitudes,
Le promeneur pensif sous les arbres épais,
L'esprit qui trouve, ayant ses douleurs pour études,
Au seuil de tout le trouble, au fond de tout la paix !

Ils savent l'attitude attentive et penchée
Que j'ai parmi les buis, les fosses et les croix ;
Ils m'entendent marcher sur la feuille séchée ;
Ils m'ont vu contempler des ombres dans les bois,

Ils comprennent ma voix sur le monde épanchée,
Mieux que vous, ô vivants bruyants et querelleurs !
Les hymnes de la lyre en mon âme cachée,
Pour vous ce sont des chants, pour eux ce sont des pleurs.

Moi, c'est là que je vis ! - cueillant les roses blanches,
Consolant les tombeaux délaissés trop longtemps,
Je passe et je reviens, je dérange les branches,
Je fait du bruit dans l'herbe, et les morts sont contents.

Là je rêve ! et, rôdant dans le champ léthargique,
Je vois, avec des yeux dans ma pensée ouverts,
Se transformer mon âme en un monde magique,
Miroir mystérieux du visible univers.

Regardant sans les voir de vagues scarabées,
Des rameaux indistincts, des formes, des couleurs,
Là, j'ai dans l'ombre, assis sur des pierres tombées,
Des éblouissements de rayons et de fleurs.

Là, le songe idéal qui remplit ma paupière
Flotte, lumineux voile, entre la terre et nous ;
Là, mes doutes ingrats se fondent en prière ;
Je commence debout et j'achève à genoux.

Comme au creux du rocher vole l'humble colombe,
Cherchant la goutte d'eau qui tombe avant le jour,
Mon esprit altéré, dans l'ombre de la tombe,
Va boire un peu de foi, d'espérance et d'amour !

Publié dans Textes

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Sylvie Jamet 17/07/2007 22:54

Que de beaux vers et de magnifiques mots ceux de notre illustre poête Victor Hugo.

ça fait du bien de se pencher au dessus de cette profondeur.

Sylvie Jamet

catherine 16/07/2007 19:10

J'ai visité sa maison de Guernesey en sepetmbre dernier. C'était très émouvant et quel décorateur, quel art pour détourner les objets. Cet hiver, quand le jardin ne me donnera plus matière à blogger j'irai rechercher les photos que j'ai faites à l'époque.

patriarch 14/07/2007 14:06

On voit qu'il a cotoyé la mort, plus souvent que d'autre, en suivant son père sur les champs de bataille. Très beau poème,et nous le mettre un jour de 14 juillet, tu as fais fort !! Ciao Mathéo et bon après midi;

Mathéo 14/07/2007 14:42

Merci mon ami.

MOMO 14/07/2007 13:58

merci d'avoir publier le poeme ..
je vais prendre le temps de le relire ..

Mathéo 14/07/2007 14:00

Je srais heureux qu'il te plaise...

souvienstoi 14/07/2007 10:51

Sublimes mots qui habillent merveilleusement ce texte, on ne peut que se laisser séduire...... bien à toi

Mathéo 14/07/2007 11:04

Merci de ta visite.