Impression livrée par Bodhan Zaleski dans le livre de Claude Dufresne :
« Pâle, souffrant, mais conservant sa gaîté, Chopin m’accueille cordialement et se met au piano.
Impossible de dire ce qu’il joue et comment il joue. Pour la première fois de ma vie je sens si profondément la beauté de la musique que je fonds en larmes. Je saisis avec toutes leurs nuances les émotions du maître, et je me souviens parfaitement des thèmes et du caractère de chaque morceau.
Il joue d’abord un magnifique prélude, ensuite la berceuse, puis une splendide polonaise, enfin en mon honneur, une improvisation dans laquelle il évoque les voix joyeuses et tristes du passé, qu’il mêle à un chant funèbre.
Il termine par la Pologne n’a pas encore péri, qu’il joue sur tous les modes, adoptant tout à tour de ton guerrier, puis angélique. Il y aurait de quoi écrire tout un livre sur cette improvisation.
Que ne donnerais-je pas pour avoir vécu cela…
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