48

Publié le par Mathéo

A Michel...

Nous avions grande peine, ma mère et moi, à suivre les recommandations de mon père qui étaient de ne pas nourrir les chats vagabonds.

Ces derniers trouvaient, malgré tout, toujours un fond de lait dans un bol et quelques victuailles échappés du dernier dîner.

La plupart passaient leur chemin après avoir repris quelques forces, mais certains devenaient des « habitués », parfois il arrivait qu’un plus culotté que les autres pousse la porte.

C’est comme ça qu’elle est entrée, un soir, dans notre famille.

Elle a sauté sur un fauteuil et nous a considéré sans crainte mais avec une confiance sereine.

Mon père, après avoir maugréé pour la forme, nous a dit « et bien nous l’appellerons 48 !

Ça doit bien être le 48 ème que nous hébergeons. »

48 m’a tout de suite témoigné beaucoup d’attachement.

Elle  guettait mon retour, me précédait dans ma chambre et ne quittait pas mes genoux lorsque j’ouvrais un livre.

Elle ne profitait pas de sa liberté, exception faite des fois où un beau garçon l’avait convaincue d’une courte désertion.

Un jour cependant, elle n’était plus là, j’ai battu la campagne la peur au ventre.

J’étais sur le point de renoncer, la nuit venue, à ma quête désespérée lorsque j’ai discerné dans un talus proche de notre habitation, une forme blanche.

Elle était là, étendue, son petit corps secoué de spasmes.

J’ai hurlé ma douleur et ma colère en revenant chez nous. 
J'ai hurlé mon impuissance aussi.

Nous avons tous deux attendu la fin, moi  assis dans le salon, elle, expirant dans la souffrance couchée sur mes genoux.

Nos finances étaient à l’époque si désastreuse qu’il était impossible de nous offrir la consultation chez un vétérinaire de nuit.

J’ai du donc me résigner, la mort dans l’âme, à la soutenir du mieux que je pouvais, pendant qu’elle rendait son dernier souffle.

C’était une petite chatte blanche avec de grands yeux verts qui ne reflétaient que l’amour.

Tu fus mon amie, ma confidente, mon petit bijou, mon amie…

Tu ne t’es pas invitée seulement dans la maison mais aussi dans mon cœur et tu y vis toujours à l’abri de la noirceur et de la violence aveugle de ce monde.

Publié dans Mathéo

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NicoleA 23/11/2007 22:37

Toujours grande est la douleur de perdre un animal chéri depuis de nombreuses années , alors ne perdons jamais une seconde pour leur rendre tout ce qu'ils nous donnent avec tant de générosité et faisons leur bonheur , vivons ce bonheur avec eux !Ton texte est très touchant . Plein de tendresse .

..le microbe 12/11/2007 20:58

triste histoire mais magnifique aussi un tel amour demeure éterneldans ton coeur....tu écris si bien , ça me touche énormémentbises Mathéo

Mathéo 13/11/2007 18:28

Ton commentaire aussi me touche aussi.
Bisous

danyboy 11/11/2007 09:40

De tout coeur avec toi, j'y suis passé malheureusement moi aussi bon Dimanche!

Mathéo 11/11/2007 16:42

Bon Dimanche

chriscraft_ 10/11/2007 12:11

Ton histoire est trés émouvante et dans un autre registre me rappelle aussi mon affection pour les chats les chiens aussi dans mon enfance. Par contre j'ai toujours le souvenir d'une colombe que j'aimai beaucoup qui tentait de me suivre partout et que voulant assurer son confort je lui avais fait une place dans mon lit sous l'édredon et le matin c'est un petit corps mort que j'ai découvertDepuis j'ai eu d'autres animaux contrainte et forcée, mais l'expérience de cette colombe a fait que je n'aurai personnellement j'amais renouvelé l'expérience de m'en occuper, et c'est peut etre pour ça que je les préfére dans la nature 

Mathéo 10/11/2007 13:15

Comme c'est triste.

ABC 10/11/2007 09:57

Belle histoire d'amour, un peu tristounette pour commencer le week-end. Ne pas oublier de donner à ceux que l'on rencontre, mais s'ils marchent à quatre pattes !

Mathéo 10/11/2007 13:16

ça ne sera jamais le cas chez nous...