A mon père

Publié le par Mathéo

 


Tu sais il y a tant de jours où je voudrais  te dire, t’expliquer…

Nous n’avons jamais su nous parler, nous étions si proche l’un de l’autre, si identiques que nous nous repoussions.

Lorsque maman est partie nous avons cohabités un peu comme deux étrangers parce que nous devions nous redécouvrir, la mort de la femme que, tous deux, nous aimions le plus au monde, nous avait tellement changés.

Je fus le premier à faillir sous le coup du chagrin  mais tu as été là, déterminé jusqu’à ce que je retrouve le courage de vivre, lorsque ce fut ton tour de t’écrouler mon aide fut beaucoup moins appuyée parce qu’une fois de plus je ne sus pas trouver les mots qui convenaient ni avoir les gestes que tu attendais certainement.

Lorsque cette maladie aussi subite que foudroyante t’est tombée dessus, j’ai eu le bon reflexe et je t’ai caché la vérité inexorable puisqu’aucun traitement n’était envisageable. Encore aujourd’hui, je ne regrette pas cette décision et je sais au plus profond de mon cœur que j’ai bien agi.

Le spectre de la mort t’aurait terrifié et tu n’avais même plus le temps de t’habitué à cette idée.

Seulement une fois de plus j’ai fait preuve de lâcheté, je ne supportais pas de te voir sur ce lit d’hôpital ignorant  tout de ton état et j’ai privilégié la fuite plutôt que la présence à laquelle tu avais droit.

Quand tu m’as appelé à minuit sur mon portable le destin était en marche.

Tu m’as lancé  un appel et je lui ai répondu bien sûr mais trop tard.

J’ai roulé à tombeaux ouverts et lorsque le médecin m’a annoncé sans aucun ménagement qu’il ne s’agissait plus que de minutes et au mieux d’une heure ou deux j’ai préféré ne pas et j’ai nié l’évidence.

J’ai voulu prendre ta main mais tu te débattais dans un combat qui échappait déjà aux vivants, pourtant tu as repris tes esprits tu m’as dis que tu voulais tes lunettes et puis que tu avais soif.

Tu as regardé en arrière de ton lit et soudain ton visage s’est éclairé.

J’ai compris quelques secondes plus tard que Maman était venue te chercher.

Cela va faire dix ans que tu m’as abandonné et si Rom n’avait pas été là je serais auprès de vous depuis fort longtemps.

Je t’aime mon père, je t’aime Papa.

Publié dans Mathéo

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chrisalain 13/04/2008 22:58

magnifique cri d'amour!!! face à la maladie,à la mort c'est difficile ...ne culpabilise pas tu as fait ce que tu as pu...tu as quand meme pu etre à ses cotes jusqu'au bout.Moi je n'ai pas pu puisque j'habitais loin à ce moment là.mon regret est de n'avoir pas connu vraiment mon pere,mon regret et ma douleur ,qu'il n'aie pas cherche à connaitre son enfant...2 etrangers à jamais,pas d'amour entre eux...casseroles à trainer toute sa vie... bisous Matheo

Mathéo 14/04/2008 07:09


bisous


titi momo 13/04/2008 20:46

MATHEO..QUEL BEL HOMMAGE..!!quel cri d'amour ..!!devant la mort , c'st difficile ..gros bisous

Mathéo 14/04/2008 07:09


bisous


loveday 13/04/2008 20:28

cela est tellement beau Mathéo , tellement fort , du fond du coeur ,merci pour ce partage;que Dieu te benisse dans tout tes besoins , meme les plus secret  de ton coeur . recois toute mon affection ,gros bisous mathéo.  SYLVIE

Mathéo 14/04/2008 07:09


bisous Sylvie


mrcafe 13/04/2008 20:21

j'ai encore la chance d'avoir mes parents qui m'épaule bien dans ma maladie , je redoute  le jour ou je vais les perdre ...bonne soirée mathéo 

Mathéo 14/04/2008 07:10


profite...
bisous


GUY 13/04/2008 14:01

Je n'ai pas eu même l'avantage de pouvoir dire ça! un des plus grands regret de ma vie; je n'ai pas connu mon père ou si peu! la maladie l'a emporté , j'avais 6 ans! J'ai souvent rêvé a ce que cela aurait pu être s'il avait été a mes cotés !

Mathéo 14/04/2008 07:10


je comprends...