La cigale et la fourmi

Publié le par Matheo

 

J'étais à l'aube de mes quatorze ans et j'avais conscience que la page de l'enfance était tournée une fois pour toute.

La phase de l'adolescence n'était à mes yeux qu'une invention des parents pour nier votre nouvelle condition d'adulte.

C'est ainsi qu'un mercredi de juin je décidai de rompre avec mes anciennes habitudes et d'adopter l'attitude en rapport avec ma situation.

Le prix du titre de transport avait déjà entamé ma maigre bourse mais qu'importe, l'heure du déjeuner venu, je tournai le dos délibérément au boulanger qui jusqu'ici m'avais permis de caler mon appétit d'une viennoiserie pour m'installer à une terrasse de café muni d'un quotidien national pour le côté sérieux, et me commander un sandwich jambon beurre accompagné d'un diabolo menthe.

Ah la liberté!!!!

On a beau dire, installé ainsi face à la seine, on pense avoir le monde dans ses mains, on regarde les gens pressés, les ouvriers s'affairer, les anxieux, les fatigués, les rieurs, les tristes et vous, vous êtes là en train de déjeuner avec toute la désinvolture dont vous pouvez faire preuve.

Après avoir profité au maximum de ce moment délicieux, je traversai la rue pour chiner chez les bouquinistes.

Bien mal m'en pris car je remarquai un ouvrage qui n'attendait que moi.

Mais les manières de jeune homme coute bien cher surtout dans un quartier comme celui-ci, et après avoir compté le reste de ma fortune et retourné mes poches, je dus bien m'avouer que le livre ne serait pas pour moi.

La personne qui tenait le stand était une dame d'un certain âge qui m'avait déjà vendu pas mal de bouquins.

Elle me regarda mi sérieuse mi amusée.

J’éprouvai une véritable colère, comment avais je été assez sot pour préférer un sandwich à un recueil de poèmes?

Je marchai la mine de plus en plus défaite lorsque je remarquai que des bouteilles vides trainaient aux pieds des arbres.

Il restait à régler un problème, le livre, ou la honte!

La honte s'oublie, un volume tel que celui la reste.

Je ramassai toutes les bouteilles que je trouvai et je les échangeai à la consigne d'un petit magasin du coin.

Malgré cet effort le compte n'y était toujours pas mais la bouquiniste avait vu mon manège et m'interpella.

Combien a tu mon mignon me lança-t-elle.

Un peu confus, je lui annonçais de combien je disposais, c'est-à-dire pas grand-chose.

Et bien, continua-t-elle, tu as juste le compte.

C’est ainsi que j'appris qu'il vaut parfois mieux  être fourmi que cigale...

Publié dans Textes

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mom 29/01/2009 18:49

merci pour le compliment bonne soirée

Matheo 30/01/2009 14:30


sincère


colombe777 29/01/2009 08:47

je découvre ton blog avec grand plaisirbravo à toicolombe777

Matheo 29/01/2009 18:09


c'est très gentil


mom 28/01/2009 22:13

merci pour ton com bonne soirée

Matheo 29/01/2009 18:09


bonne soirée


Jean 28/01/2009 21:50

bonsoirMe voici de retour et content de lire tes aventures !!!Sincèrementjean

Matheo 29/01/2009 18:10


amitié


ABC 28/01/2009 17:20

Le jeu en valait la chandelle, même si à cet âge-là se faire appeler "mon mignon" cela fait vraiment "tâche", comme disent les gamins d'aujourd'hui !!!!!

Matheo 28/01/2009 18:10


c'est vrai!!! rire