Ophelie d'arthur rimbaud

Publié le par Matheo

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Arthur Rimbaud

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton cœur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton œil bleu !


- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

Publié dans Textes

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paquerette 14/05/2009 11:36

Magnifique!!!

Matheo 14/05/2009 19:04


je trouve aussi


marie-madeleine 12/05/2009 00:31

J'aime beaucoup ce poème et si son père avait accepté, j'avais souhaité appelé ma fille ainsi à cause de lui.L'illustration fait penser aux dessins d'Henri Michaux

Matheo 12/05/2009 17:35


un bien beau prénom.
Une amie ne connaissait pas ce poème alors je me suis dit qu'elle devait tout de suite le découvrir...


mom 11/05/2009 19:01

merci pour ton com bonne soirée pas trop le tps en ce moment de me ballader sur les blogs car beaucoup de boulot bonne soirée

celiandra 10/05/2009 14:12

je comprends MAth...C'est tres beaubaci

Matheo 10/05/2009 16:00


Je t'avais dit que tu aimerai


sido 10/05/2009 12:17

Un de ces poèmes où le mourir d'amour perd de sa triste réalitépour s'auréoler du mythe poétique.Comment prétendre soi-même  à la poésie quand on lit et relit tous ces poètes "maudits" !Bises.

Matheo 10/05/2009 16:01


ça rend humble mais dans ton acs tu n'as pas à l'être....
Bises