extrait des misérables livre cinquième

Publié le par Matheo




Voilà bien des années déjà que l’auteur de ce livre, forcé, à regret, de parler de lui, est absent de Paris. Depuis qu’il l’a quitté, Paris s’est transformé. Une ville nouvelle a surgi qui lui est en quelque sorte inconnue. Il n’a pas besoin de dire qu’il aime Paris ; Paris est la ville natale de son esprit. Par suite des démolitions et des reconstructions, le Paris de sa jeunesse, ce Paris qu’il a religieusement emporté dans sa mémoire, est à cette heure un Paris d’autrefois. Qu’on lui permette de parler de ce Paris-là comme s’il existait encore. Il est possible que là où l’auteur va conduire les lecteurs en disant : « Dans telle rue il y a telle maison », il n’y ait plus aujourd’hui ni maison ni rue. Les lecteurs vérifieront, s’ils veulent en prendre la peine. Quant à lui, il ignore le Paris nouveau, et il écrit avec le Paris ancien devant les yeux dans une illusion qui lui est précieuse. C’est une douceur pour lui de rêver qu’il reste derrière lui quelque chose de ce qu’il voyait quand il était dans son pays, et que tout ne s’est pas évanoui. Tant qu’on va et vient dans le pays natal, on s’imagine que ces rues vous sont indifférentes, que ces fenêtres, ces toits et ces portes ne vous sont rien, que ces murs vous sont étrangers, que ces arbres sont les premiers arbres venus, que ces maisons où l’on n’entre pas vous sont inutiles, que ces pavés où l’on marche sont des pierres. Plus tard, quand on n’y est plus, on s’aperçoit que ces rues vous sont chères, que ces toits, ces fenêtres et ces portes vous manquent, que ces murailles vous sont nécessaires, que ces arbres sont vos bien-aimés, que ces maisons où l’on n’entrait pas on y entrait tous les jours, et qu’on a laissé de ses entrailles, de son sang et de son cœur dans ces pavés. Tous ces lieux qu’on ne voit plus, qu’on ne reverra jamais peut-être, et dont on a gardé l’image, prennent un charme douloureux, vous reviennent avec la mélancolie d’une apparition, vous font la terre sainte visible, et sont, pour ainsi dire, la forme même de la France ; et on les aime et on les évoque tels qu’ils sont, tels qu’ils étaient, et l’on s’y obstine, et l’on n’y veut rien changer, car on tient à la figure de la patrie comme au visage de sa mère. »

Les misérables livre cinquième - A chasse noire meute muette.


Ces lignes m’ont tant bouleversé que n' ai pas été loin d'en pleurer...

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O. 24/09/2009 17:15


il y a la Ville de l'habitude, celle où l'on va sans voir et dont on ne peut pas se passer,
Il ne faut pas nous la voler, c'est voler un peu de notre histoire


Matheo 24/09/2009 18:11


Je suis bien d'accord avec toi


Callophrys 20/09/2009 17:09

meme dans sa prose il reussit à mettre de la poesie!! j'adore!

Matheo 20/09/2009 17:40


oui, heureux homme!


mrcafe 18/09/2009 19:37

chaques jours est differents et tout se transforment si vite ...bon week-end mathéo

Matheo 19/09/2009 10:30


Bon week end


mom 18/09/2009 19:33

merci pour ton com bonne soirée

Matheo 19/09/2009 10:31


je te redis "Merde" pour l'expo, mais tu n'en a pas besoin, ton talet suffit


delphine 18/09/2009 18:42

"et on les aime et on les évoque tels qu'ils sont, tels qu'ils étaient"... Est-ce Math qui parle ou son cher Hugo?Chassez la nostalgie, elle revient au galop! Hé, Math finie la valse triste, c'est le week-end! Ou presque. et puis on a la chance de tellement de choses que je ne vais pas les énumérer tellement la liste est longue. Il y a quelques années, alors que je n'avais pas le coeur à rire, un ami m'avait offert une compilation de musique classique dont le thème était "Le printemps" et cette musique si lumineuse m'a réappris à sourire. Jy repense quelquefois. Et je te souhaite, aux portes de l'automne, de t'enivrer de musique printanière!Bonne soirée, bisous

Matheo 18/09/2009 19:09


La musique a un grand pouvoir.
sourire.
Bon week end Delphine, je te souhaite un très bon week end, plein de musique...
Bisous