Le service qualité

Publié le par Mathéo

J’avais passé deux autres années sur cette ligne de prépa et je m’étais fait une excellente amie du responsable de ligne. C’était quelqu’un d’enjoué, de profondément humain et qui débordait de bonne humeur malgré son malheur caché, elle ne pouvait pas avoir d’enfant.

 

 

Un jour que j’étais affairé à assembler des serrures la secrétaire d’atelier vint me voir et me dit que le directeur général voulait me parler immédiatement. Je me dirigeai vers le bureau directorial avec une certaine crainte, il était déjà arrivé que les collègues soient ainsi convoquer pour se faire remettre un blâme après que leur N° matricule eût été remonté par un client insatisfait.

 

 

Il me fit asseoir et après m’avoir dit que notre usine était en pleine expansion, il m’indiqua que nous allions être dotés d’un service qualité qui aurait à sa tête un jeune ingénieur Gilles D et que le recrutement de son personnel se ferait en interne. Il m’exposa brièvement ce qu’était un tel service et me demanda si j’acceptais d’être la première recrue. J’acceptai bien entendu en me disant que c’était une chance et que mon salaire serait revu à la hausse.

 

 

Ce n’est pas sans une certaine nostalgie que j’abandonnai ce groupe auquel je m’étais si bien intégré pour devenir de que l’on appelait «  ceux des bureaux ».

 

 

Gilles D était un homme de rigueur et d’un très grand professionnalisme, il m’a appris tout ce que je sais aujourd’hui, mais il n’était guère pédagogue et je dus en quelques semaines lire un plan, me servir d’appareils de mesures, déchiffrer adroitement les cahiers des charges pour devenir le premier contrôleur réception de la seconde firme de bagages mondiale.

 

 

Je demeurai huit mois, seul, avec mon mentor et je devins rapidement efficace, mais je me sentais mal à l’aise envers mes anciens camarades qui guettaient à chaque rencontre si un changement s’était fait en moi. Le comble fut atteint lorsqu’on me demanda officieusement de déjeuner au restaurant d’entreprise avec les employés et donc de déserter les tables des ouvriers. Je n’étais pas rebelle et je décidais donc de manger dans ma voiture afin d’indisposer personne.

Commenter cet article

lasidonie 02/04/2007 18:29

cette mentalité existe encore beaucoup. Seule les petites structures y échappent peut-être, car le petit nb de personnel permet une meilleure cohésion. Tout dépend aussi de la personnalité des individus...tu l'as prouvé.
 

Mathéo 02/04/2007 18:35

C'est ce qui est sympa, la fidélité de mère en fille ou de père en fils!

Joël 02/04/2007 12:04

Bonjour Mathéo,
j'ai fréquenté des ingénieurs, des médecins, des chômeurs et j'en passe, il y a du bon dans chaque homme ! Il ne faut pas se prendre au sérieux c'est tout.
Bonne journée.
Joël.

patriarch 02/04/2007 11:12

Il y a des boites, comme les usines automobiles par exemple, où il est demandé à tous les cadres,de porter une cravate. Tu as fait le bon choix.
Quand nous allions y travailler,que ce soit chez Renault, Peugeot,Citroèn et même Caterpillar, la première chose que nous "montions" c\\\'était nôtre table à casse-croûte. Tout à côté du four à démolir et refaire .(Nous cassions,toujours la croûte,tous ensemble, à 8 heures. C\\\'était moi qui faisait les achats et me faisait payer la côte-part chaque jour) Tu aurais du voir la tête des cadres la première fois. Et oui, nous consommions un peu de vin tout de même. Tous faisaient le grand écart, pour passer. Après, à chaque fois que nous revenions, ils passaient et nous souhaitaient un bon appétit. Ce qui comptait, c\\\'était la livraison du four à la date prévue et un travail impeccable. Nous refaissions le four en entier,  en plus de la fumisterie, la mécanique, l\\\'automatisation,l\\\' électricité et  même  la peinture du blindage du four.
Les ouvriers qui travaillaient sur les fours à côté,n\\\'en revenaient pas ! Quand le boss venait et que nous étions en train de casser la croûte, il mangeait avec nous, et laissait toujours un "talbin" pour la boisson du lendemain. Elle était belle la vie, il y a encore 20 ans !

Mathéo 02/04/2007 11:26

Oui, le plus important c'est l'entr'aide et l'amitié dans une équipe.

Mathéo 02/04/2007 10:38

C'est bien possible!
Diviser pour mieux regner...

Plum' 02/04/2007 10:16

Absolument rien n'a changé aujourd'hui. Dans le grand magasin dans lequel je travaille, les cadres ne se mélangent pas aux employés. Ils ne mangent pas en salle de pause avec nous (il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes) et donc ne fument pas non plus puisqu'ils n'ont pas le droit de fumer dans leur bureau.Le personnel du bureau des ressources humaines a interdiction de se mélanger au reste des employés !Pas mal, hein ?Rien n'a évolué et c'est peut-être grâce à cette mentalité à la c.. que la France est en train de se casser la figure...