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Je suis Mathéo.
J'essaie d'être moi mais comme c'est difficile.
J'aime la musique,les animaux, la nature, les livres...
Il y a aussi Luciano mon labrador, un peu cabot mais bien sympathique.
A cette époque j’étais un Tanguy des années 80, je m’étais incrusté au domicile parental et ma préoccupation majeure était la préparation de mes vacances à Chamonix que je passais régulièrement avec ma mère et parfois avec des membres de la famille. A l’atelier mon surnom était Mozart car mes camarades savaient que j’écoutais sur mon auto radio de la musique classique et ils avaient une fâcheuse tendance à rapporter tout le répertoire au compositeur autrichien. Nous avions eu à faire face à une grosse grève, qui je l’avoue, m’avait laissé plus ou moins indifférent. (Oui je sais Patriarch cela n’est pas glorieux, mais une histoire n’a de valeur que si on ne triche pas avec la vérité). J’avais établi une certaine distance avec mon passé et je me contentais de faire au mieux mon travail et de m’établir des loisirs les plus plaisants possibles. C’est à ce moment, juste avant les fêtes de l’Ascension que nous sommes partis, ma mère et moi,faire quelques courses pour préparer un voyage à saint Malo qu’est arrivé ce que je considère être l’une des plus grandes tragédies de ma vie. A l’intérieur du centre commercial ma mère fut prise de nausées et sur le chemin du retour, alors que j’immobilisais mon véhicule à un feu rouge, elle succomba brutalement victime d’une rupture d’anévrisme. Le monde m’est tombé sur la tête, et je me mis à me parler à moi-même, à haute voix, incapable de verser la moindre larme. Je l’ai veillée jusqu’à la fin et il fallut m’extraire de la fosse dans laquelle j’avais sauté pour ne pas la perdre. Je remis tout en cause et plus encore ma foi. Une autre rupture se produisit encore mais je n’en pris pas conscience immédiatement, trop étouffé par mon immense chagrin. La guerre du golf nous avait fragilisé et notre entreprise commençait à aller mal.
C'est très fort, au sens d'émotion forte, d'écrire, d'oser écrire un tel évènement. As-tu relu ? As-tu vu avec quelle distance, tu écris cela. C'est très bon signe. Décrire ce cataclysme comme si on racontait une banalité donne une force incroyable à la lecture.
Merci pour ton passage chez moi.
Comme ça en passant : je crois que tes commentaires, ici et là, mériteraient d'être étoffés. On sent que derrière il y a plein de choses à dire et donner aux autres ce n'est pas leur faire plaisir, mais, oser se découvrir, se livrer, ça prouve qu'on leur fait confiance ; c'est un beau cadeau, la confiance. Le texte d'aujourd'hui le prouve. Merci Mathéo.
Je suis d'accord avec Claudiogène, la force de ton texte tient par le fait que c'est narré comme un évènement vécu en spectateur seulement. La forme "je" renverse la tendance : on vit ces moments avec tes yeux et ton quotien émotionnel.
Même si le sujet est plutôt triste, j'avoue que cela me plait beaucoup...
comme claudio et plum', même impression, mathéo, ecrire sur soi sur ses douleurs avec vérité et distance est une ouverture aux autres et une blessure que l'on cautérise.Ton "séisme" devient celui du lecteur.
désolée d'avoir interféré dans ton histoire vécue à un moment si douloureux que tu rapportes, mais elle aurait aimé te savoir heureux ta mère je crois enfin c'est toujours ce que je me dis dans ces cas là, ce qui n'est pas facile du tout.
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