Alfred de Musset

Publié le par Matheo

 

 

 

 

 

Alfred de Musset (1810 †1857)

Alfred de Musset

Nous avançons dans notre odyssée à travers le siècle aimé, et nous voici cette fois en compagnie d’un ami

Mathéo devient familier vous dites-vous.

Non, pas vraiment, je vous rassure, mais je le fréquente depuis si longtemps et avec tant de plaisir qu’il me semble  parler aujourd’hui d’un proche, d’un compagnon, j’ai le sentiment d’avoir partagé ses tourments comme il a su apaiser mes chagrins.

Il  est presqu’impossible de parler de lui sans évoquer le nom de Sand, car elle lui fera écrire ses plus belles pages au prix de sa douleur.

Il faut reconnaitre un talent à Sand, à défaut de talent littéraire, elle avait un véritable génie dans le choix de ses victimes.

Les flammes de l’enfer sont trop douces à ce bourreau insatiable.

Mais ne nous emportons pas outre mesure, revenons plutôt au chant du grand Musset, laissons nous bercer par sa muse…

Je vous propose deux extraits

 

Poème dit Tristesse.

J'ai perdu ma force et ma vie,              
Et mes amis et ma gaîté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire a mon génie.

Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie;
Quand je l'ai comprise et sentie
J'en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.

 Tristesse

 

Nuit de mai


LE POÈTE

Pourquoi mon cœur bat-il si vite ?
Qu'ai-je donc en moi qui s'agite
Dont je me sens épouvanté ?
Ne frappe-t-on pas à ma porte ?
Pourquoi ma lampe à demi morte
M'éblouit-elle de clarté ?
Dieu puissant ! tout mon corps frissonne.
Qui vient ? qui m'appelle ? - Personne.
Je suis seul ; c'est l'heure qui sonne ;
Ô solitude ! ô pauvreté !

LA MUSE

Poète, prends ton luth ; le vin de la jeunesse
Fermente cette nuit dans les veines de Dieu.
Mon sein est inquiet ; la volupté l'oppresse,
Et les vents altérés m'ont mis la lèvre en feu.
Ô paresseux enfant ! regarde, je suis belle.
Notre premier baiser, ne t'en souviens-tu pas,
Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile,
Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras ?
Ah ! je t'ai consolé d'une amère souffrance !
Hélas ! bien jeune encor, tu te mourais d'amour.
Console-moi ce soir, je me meurs d'espérance ;
J'ai besoin de prier pour vivre jusqu'au jour.

LE POÈTE

Est-ce toi dont la voix m'appelle,
Ô ma pauvre Muse ! est-ce toi ?
Ô ma fleur ! ô mon immortelle !
Seul être pudique et fidèle
Où vive encor l'amour de moi !
Oui, te voilà, c'est toi, ma blonde,
C'est toi, ma maîtresse et ma sœur !
Et je sens, dans la nuit profonde,
De ta robe d'or qui m'inonde
Les rayons glisser dans mon cœur.

La poésie

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Moni 05/09/2010 21:16



Musset, c'est de la douceur, empreinte de nostalgie. C'est l'homme au grand coeur et l'énivrante G.Sand savait  exploiter les talents de ses amoureux. Elle était ce qu'elle était
mais je n'ai jamais pu apprécier ses écrits. La musique que tu mets à chaque article me comble. Merci et bisous



Matheo 11/09/2010 15:25



Merci mon amie.



Jean 15/08/2010 15:21



C'est vrai qu'aujourd'jui j'apprécie mieux ces gars... mais à l'école alors qu'il fallait apprendre par coeur.... ce qu'ils avaient écrits j'avoue que je ne les portais pas dans mon coeur....



Matheo 15/08/2010 16:06



sourire


Mais moi non plus!



Mamylilou 14/08/2010 17:11



Un grand poète et deux bons choix que l'on ne se lasse de lire et relire malgré la nostalgie ... bon weed-end



Matheo 14/08/2010 17:29



Bon week end.



patriarch 14/08/2010 14:39



Assez tourmenté, le monsieur !!  Belle fin de semaine chez vous !!



Matheo 14/08/2010 16:39



A toi aussi Walter



Ame Chopinienne 14/08/2010 14:26



Magnifiques vers ! Ah, elle avait du goût, la George... Ne sois pas trop dure avec elle, Chopin l'aimait, il l'a aimée jusqu'au bout, et malgré tout le mal qu'elle lui a fait, il serait meurtri
qu'on en dise du mal. Essaie donc de lui pardonner, comme Frédéric a dû le faire dès le début. Mais ne va pas croire que je prenne sa défense ! je lui en veux, moi aussi. Mais on ne peut refaire
l'Histoire...


Merci pour ce clin d'oeil à Musset. Un autre "grand" de notre siècle favori...



Matheo 14/08/2010 16:41



Qu'est-ce que tu veux je n'y arrive pas.


Je profites des vacances pour cette balade dans ce siècle que nous aimons tant.


C'est un peu prendre le train avec des amis.


Mais pas question qu'elle y monte la "bonne dame de Nohant"!


sourire