Le paradis

Publié le par Matheo

M sait confusément qu’il vit ses derniers jours, autour de lui, tout le monde se montre confiant mais ile comportement des gens a changé et change encore, on tente de prévenir le moindre de ses désirs, on pardonne ses accès de mauvais humeur, on tente  de le convaincre chaque matin qu’il a meilleure mine, la gentillesse parle mieux que les mots au malade que l’on essaie coute que coute de protéger. Le plus étrange c’est que cette ultime manifestation d’amour condamne l’intéressé au silence,  il en est réduit à taire sa colère, ses angoisses, il ne peut même pas dire les choses telles qu’il voudrait qu’elles  soient entendues, il doit renoncer à laisser un héritage idéologique.

M  n’a plus vraiment peur, il a dépassé ce stade, il n’a que de profonds regrets, il regarde  les arbres de son jardin qui lui survivrons, ses fleurs qu’il n’aura pas le temps de voir éclore, ses livres qui ne seront plus ouverts, son piano qui cette fois sera réduit au silence.

Il pense à sa femme, il aurait voulu vieillir à côté d’elle, que va-t-elle devenir, lui restera-t-elle fidèle ?

Chaque soir, il essaie d’assister au coucher du soleil, c’est si beau, on ne fait pas assez attention à toutes les beautés que le ciel nous offre lorsque tout va bien.

C e soir le sommeil  l’a surpris avant la nuit, il n’a pas entendu le cri de sa femme, l’arrivée du médecin, les chuchotements dans le salon, ce soir il s’est endormi et il lui a semblé rêver.

Il  entrait dans un salon qui lui semblait familier, un jeune homme était au piano, l’assistance faisait silence pourtant il entendit son voisin murmurer, monsieur Chopin va jouer, le musicien plaça ses mains sur le clavier, à la première note le cœur de M avait rejoint l’éternité…

 

Kwiatkowski-chopin.jpg

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celestine 30/05/2010 01:13



Ton texte est remarquablement bien écrit, car le sujet en est terrible. Qui est M ? et pourquoi tant de tristesse...Je n'ai pas pu écrire quoi que ce soit avant ce soir, car tes mots m'ont serré
la gorge. Tu sais sans doute, toi qui me lis depuis longtemps, que tout ce qui touche à la maladie me cause un malaise profond.  Et assister en direct à la mort d'une personne, même si c'est
un personnage de fiction, est un spectacle pénible. Sûrement parce que, inconsciemment, comme Delphine, j'associe la lettre M à ton prénom, mon cher Mathéo.


Et je ne veux pas que tu t'en ailles...


Celestine


 



Matheo 30/05/2010 07:48



Chère Celestine ne soit pas troublée par ce texte, M peut être maurice ou Mathieu. (sourire).


J'ai juste disons un passage un peu noir, et comme je l'évoque il est parfois difficile d'en parler, alors je tente de me liberer par de petites historiettes auprès de vous.


Le nuage finira bien par ce dissiper.


Je t'embrasse.



michelgonnet 29/05/2010 17:57



Bonjour l'Ami, merci pour ton "passage" (sourire)


Le paradis vu comme cela ... c'est heureux (rires)



Bonne soirée.



Matheo 29/05/2010 18:15



Oui il me plait bien!



Celiandra 29/05/2010 14:17



tres emouvant et  je pense a  Toi qui a un  amour inconditionnel pour Ton Maitre F. Chopin....  tu serai le plus heureux des hommes .Mais souhaitons que
cela n'arrive que dans fort fort fort longtemps.


Baci Parrain


 



Matheo 29/05/2010 14:45



Bisous, oui dans bien longtemps.


sourire



Joëlle 29/05/2010 07:30



Très belles lignes en parfaite harmonie avec la toile...
Bonne journée Mathéo ;-)



Matheo 29/05/2010 08:01



Bonne journée Joelle.



Armide et Pistol 28/05/2010 23:42



Un dpart en douceur comme nous souhaiterions le vivre...


"on ne fait pas assez attention à toutes les beautés que le ciel nous offre lorsque tout va bien". Une réflexion bien sentie !



Matheo 29/05/2010 08:02



sourire