Nous avions tant à nous dire.

Publié le par Matheo

Nous avions tant à nous dire, un monde à découvrir, nous étions si proches et si distants à la fois alors nous avons bâti une forteresse de silence, un bastion de solitude, par simple pudeur.

Après sa mort, son nom fut proscrit, même nos habitudes furent bannies, parce que nous devions nous protéger  de toute excès de désespoir, on ne se donne pas en spectacle même au sein du cocon familial.

Nous nous sommes trouvés qu’une seule fois tous les deux sur sa tombe, le jour de ses obsèques, ensuite nous avons pris soin de soigneusement nous éviter, elle a connu nos tourments, confessions successives, elle a vu le fossé  se creuser entre les deux êtres qui lui étaient les plus chers.

Nous avions tant de choses à partager, mais tu as du me soutenir alors que je cherchais à me détruire inexorablement, tu as paré au plus urgent, tu m’as maintenu en vie, comme ça, juste par amour, à bout de bras, toi tu te débattais aves les tracasseries administratives avec moi, qui n’avait plus envie de vivre, alors tu as mis ton chagrin entre parenthèse et lorsqu’il ressurgit je m’étais enfui.

Nous avons navigué, toi et moi, à vue sans vouloir se perdre, il y eut l’alcool, puis cette femme que je t’ai reprochée.

Je l’ai mal jugée, ce n’état  pas une femme pour toi, je le pense toujours mais je n’ai pas compris qu’elle n’était qu’une bouée de sauvetage.

Ton mal fut foudroyant, à peine quinze jours, et là encore je t’ai menti.

Ai-je eu raison  ou bien tort?

Je ne voulais pas que tu aies peur.

Je t’aimais Papa, mais la souffrance ne se partage pas, on la vie pour soi et par soi, on n’en guérit  pas, nous aimions la même femme au delà de notre âme.

Je vous veux réunis la haut, je veux  croire que vos bras se tendrons vers moi, bientôt…

                                                                            Papa

Publié dans Mathéo

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Ame Chopinienne 24/01/2010 00:53


Quel bel hommage à ton papa... Moi aussi, j'ai connu cette forteresse de silence avec le mien. Quand ensuite j'ai eu de nouveau la velleité de lui parler, je n'ai plus osé, cela devenait
impossible. Il ne faut jamais se laisser enfermer dans le silence, ce sont des prisons dont on ne s'évade plus.
Ils seront les premiers à te tendre les bras, et puis il y aura Chopin... Mais le plus tard possible, Mathéo, le plus tard possible.


Matheo 24/01/2010 10:34


sourire


Mireille 21/01/2010 23:57


 Que c'est émouvant ce que tu nous écrit Mathéo.
On n'oublie pas ceux qu'on aime on les as dans notre cœur...
Essaie de faire la paix avec toi même mon ami.
Bises.


Matheo 22/01/2010 07:25


Bises Mireille


juliette 21/01/2010 22:41


C'est très beau, je ne peux rien dire de plus
Bises


Matheo 22/01/2010 07:25


Bises Juliette


françoisedu80 19/01/2010 23:27


Bonjour Mathéo,
Une petite musique dans le fond de ton coeur qui te bercera toujours ,celle qu'on appelle l'amour ,parce-que c'est un peu de toi , cette douleur indicible qui revient au moment inopportun
,lancinante comme un lacrimosa , on la refoule mais tétue elle se terre bien à l'abri .
Maman est partie en Octobre un dimanche soir sans un cri ,à coté de moi ....
Je cherche le silence de la nuit pour pleurer ...Racine .
 Je t'embrasse .
 PS: je suis une ambassadrice de ma ville .....enfin ..j'essaie..


Matheo 20/01/2010 18:18


Et tu le fais très bien


celestine troussecotte 19/01/2010 22:37


Quel bel hommage
Je suis de tout coeur avec toi mon petit Math


Matheo 20/01/2010 18:17


C'est très gentil