Novalis

Publié le par Matheo

 

 

 

 

Friedrich von Hardenberg dit Novalis

                                     1772 †1801)

 


Friedrich von Hardenberg dit Novalis

 

 

 

Novalis suit les cours de Von Schiller à l’université d’Iéna et se prend en amitié avec les frères Schlegel dont l’idéalisme l’influence profondément.

En 1795, il tombe follement amoureux de la jeune Sophie von Kühn, qui mourra deux ans plus tard, victime de la phtisie.

Effondré par la douleur, le jeune homme se réfugie dans une forme mystique de la poésie.

Il écrit, alors,  les merveilleux hymnes à la nuit.

 

Un jour où je versais des larmes amères, où mon espoir s’évanouissait en douleur, où je me tenais solitaire près du tertre aride dont l’étroite cellule de ténèbres enferme celle qui fut ma vie, solitaire comme jamais nul ne fut solitaire, sans force, réduit à une seule pensée de détresse ; comme je cherchais des yeux un secours,  incapable d’avancer ni de reculer, cramponné de tout mon immense regret à cette vie qui me fuyait et s’’eteignait, voici que des hauteurs azurées, des cimes de mon bonheur passé, un obscur frisson descendit sur moi, et soudain je sentis se rompre le lien de la naissance la chaîne de la lumière.

Disparue, la splendeur terrestre et mon deuil avec elle, ma tristesse reflua pour donner naissance à un monde neuf, insondable.

 Ferveur des nuits, sommeil sacré, tu t’emparas de moi.

Le paysage sembla monter  dans les airs.

Au dessus du paysage planait mon esprit libéré, régénéré.

Le tertre s’évanouit en un nuage de poussière, à travers cette poussière, j’entrevis les traits glorieux de la bien-aimée.

Au fond de ses yeux luisait l’éternité, jr lui pris les mains et les larmes formèrent entre –nous une chaîne étincelante, infrangible.

Des millénaires s’enfuirent à l’horizon, pareils à des nuées d’orage,

Suspendu à son cou, j’inondais de pleurs de délices l’aurore de la vie nouvelle.

Ce fut là, le premier, le seul rêve, et c’est alors qu’est née en mon cœur une foi éternelle et immuable au ciel de la nuit et à celle qui en est la lumière ; La bien-aimée.

IIIe hymne

 

 

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JCP 12/09/2010 08:15



Superbe - je ne connaissais pas.


Beau chant désespéré.


 


Bon dimanche (un peu gris mais toujours pas de pluie chez nous).


 


A+  JC



Matheo 12/09/2010 11:41



Pluvieux ici, malheureusement.


J'aime aussi beaucoup ce texte.


A+



Armide et Pistol 12/08/2010 17:44



La tuberculose a brisé bien des destinée. La douleur s'épanche.



Matheo 12/08/2010 18:32



unn fléau terrible!



claudie 12/08/2010 15:12



C'est très beau, cet hymne à la bien-aimée, Mathéo. Un rêve délicieux! Peu connu Novalis. Merci beaucoup pour cette découverte.


Belle journée à toi...et bises


Claudie



Matheo 12/08/2010 16:48



Bises Claudie



mamylilou 11/08/2010 13:51



L'art pour écrire et transmettre les émotions, c'est ici ( sourire ) bonne journée



Matheo 11/08/2010 18:45



merci



Ame Chopinienne 10/08/2010 20:22



Je ne connaissais pas. C'est très beau. L'amour absolu est généralement source d'inspiration et de beauté, et la porte ouverte sur le plan mystique et divin lorsque les deux êtres aimés sont
séparés par la mort.


Comme souvent, ces artistes connaissent une fin prématurée...


Merci beaucoup, Mathéo, pour cette belle découverte



Matheo 11/08/2010 09:39



J'ai eu un coup de foudre pour ce texte.


Bisous