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Le temps passa mais rien vint convaincre Berthe que ça avait marché alors elle prit peur.

Il lui semblait qu’Emile la regardait autrement, qu’il soupçonnait quelque chose.

Dans son désarroi elle contacta ce qu’on appelait à l’époque une faiseuse d’ange.

Qui lui donna l’adresse, on ne le saura jamais.

Elle se rendit chez cette personne qui officia dans une arrière salle crasseuse avec du matériel tout aussi douteux que la pièce.

Elle en reparti faible et douloureuse.

L’infection gagna Berthe rapidement et ce la se transforma en septicémie.

Elle agonisa dans d’affreuses souffrances à l’hôpital pendant qu’Emile découvrait amèrement son infortune et peut être sa semi culpabilité.

Lorsqu’elle rendit l’âme elle  venait d’avoir vingt six ans.

La police convoqua jean dans la matinée du lendemain et l’interrogea longuement au quai des orfèvres mais rien ne l’accusant il fut remis en liberté tard dans la soirée, il en sorti brisé, tremblant.

Il se fiança et se maria avec son amie et eut un fils, mais jamais il n’oublia Berthe et  garda ce lourd fardeau au fond du cœur  jusqu’à sa mort.

 

Je n’ai pas écrit cette histoire dans le but de faire un procès à l’avortement.

Loin de moi l’idée de juger qui que se soi, de plus je ne suis pas femme et par conséquent difficilement à même de me rendre compte du courage dont ces femmes ont fait preuve.

Je l’ai juste écrite parce qu’elle me touche et que voulais en parler à des amis.

 

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Très vite Berthe dut  se rendre à l’évidence, le temps passait et Emile ne serait pas d’un grand secours, alors il restait Jean.

Jean avec sa jeunesse, son innocence…

Lors de l’une de leur fréquente rencontre elle lui avoua sa grossesse et le convainquit qu’il en était  l’auteur.

Le jeune homme pensa tout d’abord qu’il devait assumer ses responsabilités et affronter la colère du mari mais Berthe s’y refusa catégoriquement.

  Elle lui rappela que sa mère avait un poste non négligeable à l’hôpital et  que par conséquent elle se trouvait sans doute dans la possibilité de les tirer de ce mauvais pas.

Jean cette nuit là ne dormit pas beaucoup et se demanda comment sa mère réagirait.

Puis il y avait cette jeune femme qu’il voyait, d’ailleurs il venait de se rendre compte durant cette veille involontaire que c’était bel et bien de l’amour qu’il éprouvait pour la belle.

C’est parfois lorsqu’on risque de perdre quelqu’un  qu’on se rend compte qu’il  a pris autant d’importance.

Il n’y avait pas eu d’union de la chair avec cette jeune fille  mais une réelle communion des sentiments.

Le lendemain dans la soirée, il rendit visite à sa mère et lui raconta toute l’histoire, elle fut attentive, ne se fâcha pas mais émis tout de même quelques réserves sur la certitude de la paternité de son fils.

Depuis un bon moment l’immeuble n’était plus dupe et Germaine savait bien que Jean n’était pas le seul homme à visiter la couche de la jeune femme.

Elle promit cependant de lui ramener « ce qu’il fallait » pour le lendemain.

Elle tint parole, et Jean remis à Berthe les médications capables de la délivrer.

Cette fois tout semblait s’arranger, le cauchemar prenait fin, il faudrait simplement se montrer beaucoup plus prudente à l’avenir.

Elle se prit même à regarder Emile d’un autre œil et se dit qu’il n’était pas si mauvais homme au fond.

Tout redevenait plus facile, le mauvais temps était passé.

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Le temps passait et Emile  était de plus en plus absent, il ne se montrait ni méchant ni violent  envers son épouse et ne la privait de rien si ce n’est de son attention.

De son côté Berthe ne cherchait plus à le reconquérir et s’accommodait même de mieux en mieux de la situation.

Le désintéressement toujours grandissant de son mari lui offrait de plus en plus de liberté et n’y avait plus guère qu’à essayer d’échanger quelques mots au dîner du soir pour maintenir un semblant de relation.

N’ayant pas le vin méchant notre fonctionnaire des impôts ne rentrait de ses virées nocturnes que pour s’affaler dans le lit conjugal et le tiercé bien arrosé privait souvent le foyer de sa triste compagnie le dimanche.

Berthe vivait presque en célibataire libérée avec assez de ressource pour mener une vie plaisante et  pour seul inconvénient l’entretien d’un fantôme toujours en deux vins.

Malheureusement les moyens du tout début des années 50 n’étaient pas ceux d’aujourd’hui et un jour l’inévitable se produisit.

Berthe fut inquiète quelques semaines avant d’en avoir la certitude.

Elle attendait un enfant.

Emile tenait comme tous les hommes de son genre à sa réputation plus qu’à tout, peu importe son propre comportement il demeurait irréprochable au bureau et il ne pouvait être envisagé un seul instant qu’il soit le « cocu » du service.

Se doutait-il de son infortune ?

Rien n’est moins sûr.

En subvenant au besoin de sa femme il avait le sentiment d’être un bon époux et son besoin d’échange physique étant maigre sans doute estimait-il que Berthe n’en éprouvait pas de gêne puisqu e de son côté elle ne se montrait pas très entreprenante.

La question à présent était de savoir comment faire, et surtout de garder la tête froide.

Elle ne voulait pas tout perdre pour ce qu’elle considérait comme un accident de parcours.

Les brimades de sa défunte belle mère, la présence au lit de cette homme qui avait finit par la dégoûter, non elle avait trop d’efforts pour s’avouer vaincue aujourd’hui.

Il fallait en toute hâte convaincre Emile de faire en sorte que l’enfant ait un père, un accouchement prématuré voila la seule issue, la seule explication qu’elle pourrait donner… 

 

 

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Sa petite cour était assidue car elle était devenue experte pour les choses de l’amour.

Personne n’envisageait de l’enlevée pour une fuite romantique à souhait loin de sa prison dorée, mais chacun  trouvait tout le plaisir qu’il pouvait souhaiter.

Avec le jeune Jean les choses étaient un peu différentes, il était en quelque sorte l’amant de cour, celui qui obtenait  toujours un e réponse favorable à ses demandes.

La vie de Berthe avait trouvé un semblant d’équilibre depuis que Madame Darbois mère était partie rejoindre de meilleurs cieux, les brimades dominicales avaient disparues pour laisser place à des absences de plus e plus fréquentes et de plus en plus prolongées d’Emile.

Ça n’est pas qu’il n’aimait plus son épouse mais l’avait il seulement un jour vraiment aimé ?

Son mariage avait épater les collègues de bureau, lui qui avait une réputation de triste sire avait su épouser une jolie jeune femme, et cela flattait amplement son ego mais il était mal à l’aise avec elle, peut-être ne se sentait il pas à sa place, et puis depuis la disparition de sa mère il buvait beaucoup, beaucoup trop et ses ardeurs au lit conjugale n’était plus qu’un souvenir, en fait depuis plusieurs mois il ne la touchait plus.

Lorsqu’il rentrait du bureau Berthe lui tendait la joue avec lassitude et depuis fort longtemps il n’avait pas vu éclore le moindre sourire sur le visage de sa femme.

Jean avait trouvé une place non loin de là, à présent son statut n’était plus celui d’un  apprenti mais d’un ouvrier et même si son salaire n’était pas mirobolant cela lui offrait une bien meilleure autonomie.

La mère du jeune homme habitait aussi l’immeuble, elle était surveillante générale à l’hôpital et c’est elle qui était parvenu à obtenir la chambre sous les toits qu’occupait son fils.

Elle n’était pas femme à se soucier de la vie sentimentales de ses enfants elle savait seulement que parfois il retrouvait une jeune fille de souche italienne qui vivait chez sa marraine.

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Usée par la monotonie de ses journées, Madame Dubois finit par avoir quelques aventures sans lendemain avec de jeune gens qu’elle n’avait pas de mal a attiré.

Il faut dire qu’elle était bien jolie Berthe, elle avait les traits réguliers et fins, sa mise était celle qui convient à une femme de sa condition et si on ne pouvait pas vraiment pas parler de beauté elle n’en était pas moins agréable à regarder.

Ce qui lui avait pesé le plus était sans  nul doute de ne plus sentir sa séduction opérer, de ne plus voir briller le désir dans les yeux d’un homme.

Alors elle s’était consolée, étourdie, dans des bras qui s’ouvraient, par des mots murmurés.

Puis il y avait aussi le danger d’être surprise, le danger un piment de la vie qu’elle n’espérait plus.

Dans l’immeuble que le couple occupait les voisins s’étonnait de voir cette jeune femme pleine de jeunesse partager sa vie avec ce respectable monsieur aussi morose mais personne ne se doutait encore des ses écarts de conduite. Dans le quartier elle était connue, aimée des commerçants avec lesquels elle se montrait aimable et avenante, appréciée du curé pour son assiduité à se présenter aux offices du dimanche où elle se rendait seule mais souriante, attendue par de jeune mères de famille avec qui elle partageait un banc aux beaux jours à l’ombre d’un marronnier au square, tout le monde appréciait cette pauvre Madame Dubois.

Celle-ci tentait de trouver un semblant d’équilibre entre ce foyer si morne et ses conquêtes de pacotille.

Il y avait Etienne l’écailler qui tenait le banc d’huîtres au Balto et qu’elle avait rencontré en venant acheter le met favori d’Emile Dubois.

Le mari qui n’avait plus la crainte de déplaire montrait sa satisfaction en aspirant bruyamment  les mollusques.

Il y avait aussi René le beau commis boucher qui lui mettait toujours de côté un morceau de bœuf bien tendre.

Puis il y avait Jean le jeune voisin, apprenti mécanicien, qui occupait une chambrette sous les toits et à qui elle avait offert le premier voyage.

 

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