Luciano ne va pas très bien, le temps fait son œuvre, ses déplacements après avoir été difficiles semblent devenir
douloureux, une mauvaise toux sanctionne chacun de ses efforts, chaque matin nous le trouvons plus accablé que la veille.
Mercredi :
Le vétérinaire vient visiter Lulu puisqu’il est dorénavant inenvisageable de le monter en voiture,
cet attentionné praticien affirme à mon épouse, sans la moindre délicatesse, que c’est un vieux chien tout au plus en sursis. La dessus le voila qui rédige une ordonnance truffée de
ratures, le cher homme hésite entre un traitement de dix ou de vingt jours, la précision et la maitrise de son art ne s’applique qu’au prix de sa consultation.
Comme je l’ai demandé, Rom m’appelle pour me donner des nouvelles, elle fait de son mieux mais je sens que le ton n’y est
pas.
Elle me prévient que la facture sera salée, peut importe nous nous raccrochons tous les deux à la bonne nouvelle, le cœur est
bon.
Jeudi soir :
A la sortie de l’usine je me présente chez le pharmacien, la jeune femme se montre compréhensible et
disponible, elle cherche avec dévouement dans ses bases de données, mais les prix sont prohibitifs, le traitement chez eux revient à prés de cinq cents euros, elle me conseille de me rendre
chez plusieurs vétérinaires et me rassure du mieux qu’elle peut en me disant que certaines substances sont plus accessibles chez les vétos car ceux-ci sont en mesure de détailler les
comprimés au gré des besoins.
Je rentre à la maison en faisant grise mine, nous en discutons toute la soirée.
Le problème n’est pas le traitement d’attaque mais le traitement de fond qui est exorbitant.
Nous pouvons faire face quelques temps mais ensuite qu’adviendra-t-il ?
Devrons-nous-lui dire, désolé bonhomme mais là tu nous coutes trop cher.
Vendredi :
Les choses s’arrangent un peu, le ciel s’éclaire, nous ressortons de chez un vétérinaire avec les médicaments prescrits
pour un petit billet de deux cents euros.
Samedi matin :
Rom se fait convaincante avec un peu de miel et notre toutou avale les médocs avec bonne volonté, de
notre côté nous nous prenons à espérer quelques mois de salut.
Mercredi :
Un type arrive et commence à me palper de tous les côtés.
Pour qui il se prend celui-là ?
Il parle et je vois les yeux de mman qui se voilent.
Qu’il n’insiste pas, parce que même si je ne suis plus un athlète je pourrais bien lui faire passer l’envie de la faire
pleurer.
Une fois ce lascar reparti, elle téléphone à ppa au boulot, son regard une nouvelle fois s’attriste et j’entends
Math descendre le ton, comme il le fait lorsqu’il a du chagrin.
En rentrant il m’embrasse plus fort que d’habitude, je ne sais pas vraiment ce qu’il dit mais ça me fait du
bien.
Jeudi
L’ambiance est lourde ce soir, je pense à leur faire un tour, piquer un torchon par exemple, enfin faire un truc qui
les ferait rire, mais j’ai pas l’énergie nécessaire.
Vendredi :
Rom tient un petit sac comme s’il s’agissait d’un bijou, ils ont l’air content tous les deux.
Samedi :
Une journée à marquer d’une croix rouge, j’ai droit à du miel, c’est super bon ce truc
là !
Je ne comprends pas tout ce que disent mes deux pattes, mais je les aime et je crois bien qu’ils m’aiment
aussi…
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