Bicentenaire de la naissance de Frédéric Chopin

A force de fréquenter les nuages, le retour au quotidien devient toujours un peu plus douloureux, mais le jeu en vaut la chandelle, le mal être du lendemain est un prix acceptable au bonheur d’hier.

Samedi, départ tôt dans la matinée pour Paris, La virée du jour se fera à la citée de la musique, porte de la villette.

L’ouverture des portes n’étant qu’à midi, nous décidons de profiter du soleil en suivant le canal saint Martin.

Une balade absolument charmante, nous regardons les pécheurs, les joggeurs, les écluses, le fameux hôtel du nord, le pont tournant, un bateau touristique est en train de passer, Rom se met à leur jouer la fameuse réplique d’Arletty et moi je pleure de rire.

Atmosphère, atmosphère !

Est-ce que J’ai une gueule d’atmosphère ?

Les gens sourient, il fait beau, nous sommes bien.

Cependant lorsque nous approchons de la république, je commence à flancher un peu, je boitille méchamment,  mais je ne veux pas renoncer, un banc nous tend les bras qu’il n’a pas, rue Timbaud, un peu reposés,  nous rejoignons la place de la république.

Brèves hésitations mangerons-nous alsacien, notamment chez Jenny, ou indien, ou bien encore Marocain.

Nous nous installons pour finir dans un établissement du boulevard du Temple, Au royal couscous.

J’en profite d’ailleurs pour conseiller cette adresse.

Après déjeuner nous rejoignons un brin flapi la citée de la musique par le bus.

Je dois dire que j’ai été agréablement surpris par l’accueil chaleureux fait aux visiteurs, nous sommes loin de la glaciale réception qui nous fut faite à la maison de la vie romantique voici quelques semaines.

J’ai tout simplement  adoré l’exposition permanente  faisant découvrir  l’instrument de musique à travers les siècles, et j’engage tous les amateurs de musique à la visiter.

A la sortie d’une salle, un homme nous salue et nous propose de prendre place pour assister à une « démonstration » d’un étrange instrument, un harmonica de glace.

Magie de Paris, il s’agit ni plus moins de Thomas Bloch.

J’avoue que je suis désarçonné, et par le son absolument fascinant de son instrument mais aussi  par la disponibilité et la gentillesse de ce grand musicien.

Malheureusement ma timidité maladive m’empêchera de lui dire autre chose qu’un laconique merci.

 

 

7529856_405acd360f.jpgL’exposition temporaire Chopin

Qu’en dirais-je, sinon que je crois ne pas encore en être revenu.

A peine entrés, nous parvient une étude  jouée sur un piano Broadwood de 1847, piano sur lequel joua Monsieur Chopin en Angleterre, les plus jeunes auditeurs  sont assis en tailleur autours de l’instrument, l’émotion est palpable, je me dis que je goute au Paradis.

Il ne s’agit par d’une interprétation mythique même si elle est excellente,  mais il se dégage une telle ferveur, une telle harmonie, une telle union que je sens mon cœur s’envoler….

Après ce merveilleux concert, je me délecte de tous les objets exposés, ils me sont tous familiers, je me sens chez moi.

Je mets, bien évidemment un point d’honneur à snober tout ce qui concerne Sand, nous n’avons pas besoin d’elle dans ces lieux.

 Je regarde une partition, j’envie ce feuillet, j’aurais voulu être ce papier qui recueille auprès de son cœur l’expression du génie de la musique.

Ce matin je me suis réveillé avec une sorte de gueule de bois, on ne revient pas facilement de son paradis…

 

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Piano Pleyel 1843

 

 

Tous les piano ont une âme et parfois elle rencontre celle d’un homme pour peu que la symbiose se fasse.

Il en nait une union transcendante qui fait de l’élu un pianiste, il ne suffit pas de savoir jouer pour prétendre à ce titre.

La communion peut être si forte que sa  réminiscence à la faculté d’être perçue  par des personnes assez réceptives pour cela.

C’est ce qui m’est arrivé samedi face à un Pleyel sur lequel Chopin avait joué.

Une immense sérénité s’est alors emparée  de moi, le temps s’est désagrégé, ainsi que la matière, ainsi que les vivants ;  ma ferveur devant cet instrument, orphelin d’un génie, fit vaciller le temps…

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Je vous ai invité à vivre avec moi ce que j’appelle mon « avent » du bicentenaire de la naissance de Frédéric Chopin.

Que les croyants ne prennent pas ombrage de ce terme, mon confesseur, le regretté Père Raphael, m’a toujours dit que je flirtais dangereusement  avec le blasphème, tant mon amour pour la musique ce cet homme est fort.

J’ai  été ravi de participer à tous les événements célébrant des artistes que j’apprécie mais Chopin tient une place très particulière dans ma vie, et même si cela semble ridicule, c’est un peu comme si le monde s’apprêtait à rendre hommage à l’un de mes proches.

J’écris ceci avec beaucoup de respect et d’humilité,  bien entendu, je veux juste souligner combien cette journée du premier mars  est importante pour moi.

Je vous donne la bonne nouvelle, j’ai obtenu une journée de congé, je serai donc à Paris dimanche et lundi.

 

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Quelle femme peut se vanter d'avoir inspiré une telle beauté?

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Ce larghetto est si pur, si troublant que je le considère comme la plus belle page d’amour écrite en musique.
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