La belle classe.
Je me souviens avec grande émotion de mes premières classes au conservatoire de quartier.
Je n’avais que six ou sept ans et j’étais tout bonnement conquis par l’atmosphère qui y régnait.
C’était encore de vieilles écritoires inclinées qui nous servaient de bureaux, le maître de cours se tenait sur une petite estrade et nous considérait, un peu sévère, derrière son pupitre. Il nous donnait le tempo et tout en marquant les temps de nos avants bras droits, nous apprenions à lire nos premières notes dans les vieux manuels de solfège ; L’ambiance était studieuse mais je l’adorais.
Il semblait naître une magie de cet ensemble maladroit et hésitant.
Comme j’aimerai pouvoir encore m’asseoir dans cette petite salle et renaître pour un instant dans la peau de ce petit garçon qui avide et curieux voulait dévorer le monde en rêvant.