Le boulet.
C’est sans doute l’âge, on ne peut pas aborder la cinquantaine et vouloir courir comme un jeune homme n’est ce pas.
Le constat est fait, reste à développer l’analyse ; mais ne dit on pas que si les questions sont décisives, en revanche les réponses sont dérisoires ?
Comment en suis-je arrivé à ma conclusion ?
Je l’ignore, mais je sais au plus profond de moi que j’ai raison et que le poids des ans n’est qu’une convention pour expliquer de façon très douce les effets du vieillissement.
La réalité est beaucoup plus claire, beaucoup plus simple et formidablement moins apprivoisable.
Dès que l’enfant reçoit ses premières émotions il se voit affublé d’une sorte de fardeau dont il se charge inconsciemment et plus il avance dans le cours de sa vie plus l’entrave s’étoffe.
Le plus curieux c’est que ce sont les furtifs moments de bonheur qui pèsent le plus lourd car leur réminiscence est infinie.
Les peines et les joies alourdissent la chaine et immanquablement un jour on découvre qu’on traine la jambe.
Que personne ne s’y trompe, les années n’agissent que sur le cœur mais celui-ci se venge en déversant toute sa mélancolie dans un boulet aussi invisible soit il….
