Kiki
Il n’est pas facile d’être un enfant unique et je vous en parle d’expérience.
Une mère, quelque soit sa bonne volonté, ne remplacera pas un complice de votre âge, prêt à partager ou a vous initier aux sottises de l’enfance, sottises qui sont bien souvent matière aux premières découvertes de la vie.
C’est ainsi que du haut de mes cinq ans j’adressai solennellement une requête à mon père
Je suis incapable de vous rapporter quelle fut la réponse qui me fut faite, mais j’imagine la gêne en plus de la surprise que durent provoquer mon intervention au beau milieu du diner familial.
Ma détermination étant sans faille je décidai de doubler mes chances de satisfaction, quelques semaines plus tard, en demandant la même chose au père noël.
C’est ainsi que Kiki est arrivé chez nous.
C’était un loulou de Poméranie qui avait eu la malchance de perdre sa maitresse âgée.
Le pauvre n’étais pas habitué aux enfants et non préparé à l’océan d’amour que j’étais disposé à lui donner.
Les premiers jours furent donc un peu laborieux, mais je ne me décourageai pas et bientôt nous devinrent inséparables.
Il avait compris et senti que j’étais incapable de lui faire du mal et il m’accorda sa confiance.
Incapable de lui faire du mal……………….
C’est pourtant ce que je fis des années plus tard.
Un jour, ma mère me demanda de le sortir alors que je rentais lycée pour le déjeuner, j’obéis de mauvaise grâce, et mon humeur me fit commettre ce qui reste sans doute la pire chose que j’ai fait sur cette terre.
Par un geste d’énervement j’ai coincé accidentellement la patte de Kiki sous la porte de l’ascenseur.
La plaie n’était pas belle, et empira rapidement.
Ce mouvement d’humeur que je regretterai toute mon existence eut une conséquence dramatique.
La gangrène emporta mon premier ami et c’est de sa vie qu’il a payé ma stupidité…
Parce que lui ne connaissait que l'amour, je sais que le jour où je le rejoindrai il viendra me faire fête...