Le pire et le meilleur
Nous sommes sortis de la salle Pleyel aux alentours de 21H45 et nous nous sommes dirigés, tout en parlant avec enthousiasme du concert auquel nous venions d’assister, vers les champs Elysées, où nous avions décidé de souper.
En remontant le boulevard Hoche, nous tombons sur un homme occupé à se confectionner un abri avec une sorte de bâche plastique autour d’un arbre.
Il allait, visiblement, y passer la nuit.
Arrivés sur les champs nous nous installons à la terrasse du café Romain, a peine assis, une femme nous tend la main en nous priant de lui donner de quoi manger.
La conversation reprend, nous parlons de la prestation des solistes, de la qualité du chœur, du talent du premier violon, tout ceci en sirotant un apéritif et en s’interrogeant au sujet du menu, lorsque nous entendons une voix, une voix particulière presque douloureuse t qui ne cesse de répéter la même supplique.
_ « une pièce, une pièce… »
Soudain l’un d’entre nous aperçoit entre deux bacs à fleurs un homme se trainant à quatre pattes, ses jambes sont complètement atrophiées.
Les gens se séparaient en deux files pour le laisser passer et leur regard oscillait entre la pitié et la stupeur.
Nous étions heureux, la plupart des gens autour de nous l’était aussi, mais un homme dormait sous une toile, une femme cherchait à se nourrir, un autre enfin déambulait en montrant son handicap pour espérer survivre….