Je n'ai pas su...

Je me souviens qu’en écoutant les cours de caté et qu’en assistant aux offices je mes suis dit, enfant, qu’il était important d’être quelqu’un de bien mais surtout d’être quelqu’un qui faisait le bien.
Ceci ne m’a pas troublé le moins du monde car à cet âge le regard est assez neuf et innocent pour bien distinguer les couleurs et on ne fait pas d’amalgame entre le blanc et le noir.
Je fus donc un petit garçon gentil, serviable dont mes parents pouvaient légitimement se montrer fiers.
Ma condition d’enfant unique me facilitait d’ailleurs la tâche, n’étant nullement tenté par autrui à la moindre polissonnerie, je crains même de les avoir parfois inquiétés par mon obéissance excessive.
Mais l’enfance cède inévitablement la place à l’adolescence et l’œil revoit sa perception du spectre lumineux, le blanc et le noir se rapprochent dangereusement au point de faire apparaitre un gris qui selon les circonstances pourra être accepté par une jeune âme exaltée ou par un cœur encore un peu naïf comme le reflet encore très acceptable du bien.
Au fil du temps bien d’autres nuances sont venues enrichir ma palette des gris.
Tout ce que je peux affirmer c’est d’avoir fait de mon mieux pour arbitrer sur le ring de ma vie les féroces combattants que sont le bien et le mal.
Je n’ai pas su concrétiser mon vœu enfantin et j’ai bien trop souvent dans mes décisions laissé une part trop belle aux teintes sombres.
Comme il est troublant de s’apercevoir que l’heure de sagesse et celle de la fraicheur…