Chez moi, mon village.
Je suis allé hier sur les lieux de mon enfance, là où le samedi soir nous allions faire nos courses de marchands de quatre saisons en marchands de quatre saisons, là où chacun appelait mon père par son prénom, là où mon nom de Mathéo se transformait en minot, là où fier comme le roi du monde j’avançais les bras levés la main gauche dans celle de ma mère et la main droite dans celle de mon père, la progression se faisait à coup de « you les petits cailloux » balancé par ces deux géants qui étaient l’amour de toute ma jeune vie.
Elle avait changé dans ses devantures de magasins ma belle rue de la république mais pas dans ses façades d’immeuble, témoins de mon bonheur d’enfant.
Je l’ai parcouru avec émotion et amour, je l’ai descendue jusqu’à la basilique où dorment nos rois de France, puis je suis parti discrètement en essayant de garder intact le trouble qui m’avait assailli.