Nos pauvres morts

Dans un joli village du nord de la France, il existe un petit cimetière. Un grand sapin se dresse fièrement et sert de refuge à quelques nids, et à la fin d l’hiver des centaines de perces neiges viennent spontanément faire offrande de leurs fleurs aux personnes qui reposent là. Les concessions sont à perpétuité et rien ne devrait jamais venir troubler la douce quiétude des lieux si ce n’est l’arrivée douloureuse d’un nouveau disparu. Mais la mairie des lieux en a décidé autrement, et a offert à de nombreuses vieilles pierres une bien triste petite pancarte, indiquant que puisque plus personne ne semble en mesure de s’occuper de la sépulture, celle-ci sera enlevée. La petite pancarte en question ne précise pas ce qu’il arrivera aux restes de la personne étendue là, car le discours serait sans doute bien trop pénible. Ma mère repose ici et je sais déjà qu’après notre mort c’est une machine qui viendra fouler de sa froide pelle de que nous serons devenus.
- Merci belle France, d’honorer avec autant de dignité tes enfants décédés.
Photo mise en ligne grace à l'aimable autorisation de Claude BOUR