La nature de l'homme reste la même...
Comme il est étrange de constater comment un texte est reçu différemment en fonction de l'âge du lecteur.
Le message est toujours le même, figé sur le papier à jamais, et pourtant il n'a pas la même portée selon que l'on soit un enfant, un adolescent ou un homme au seuil du soir de sa vie.
Je partage bien volontiers le cheminement douloureux du jeune Octave qui ne connaît pas le repos une fois que son amour pour Brigitte est entendu et payé de retour.
Il se rend compte combien le bonheur est inaccessible et qu'il n'existe pas de ciel sans nuage.
L'amour non avoué n'a de beau et de grand que le supplice qu'endure le soupirant par crainte d'être éconduit.
Lorsque par miracle ce sentiment devient partagé, il prend le gout amer de la suspicion et du désagrément d'une vie trop bien ordonnée.
L'ennui devient alors le frère de la jalousie et seul l'un ou l'autre pourra sauver d'un endormissement qui n'est qu'injure à la vie.
Sommes-nous si imperméable au bonheur que nous soyons conduits à chercher la moindre menace dans un moment de soleil.
Oh mon cher Octave, situ savais combien nous sommes proches de toi et combien nos souffrances ressemblent aux tiennes.
Les siècles n'y font rien, la nature de l'homme reste la même...