L'enfant du vingt et unième siècle.
Combien de fois suis-je allé au Père-Lachaise, mon Dieu, je ne saurais le dire!
Tout ce que je sais, c'est que je fréquente ce beau jardin depuis mon plus jeune âge et que j'y ai rencontré bien des gens, que j'y ai observé bien des comportements et que certains de ceux-ci m'ont littéralement révolté.
Je me demande toujours si les gens qui foulent de vielles pierres le feraient sur celle de leur mère.
Cependant n'ayant pas un physique qui inspire la crainte et n'étant pas fort courageux de surcroit, j'ai toujours préféré me taire en éprouvant une sorte de tristesse coupable.
J'ai vu aussi des personnes qui tout comme moi venait témoigner leur respect et leur amour à un écrivain, un peintre ou un musicien, c'est un pèlerinage qui ne peut se comprendre que si on garde à l'esprit que la plupart de ces visiteurs ont le sentiment de visiter un membre de leur famille, de se recueillir sur la sépulture d'un homme ou une femme élu de leur cœur, presque par hasard.
Le cœur parle et on se plie devant lui.
J'ai maudit les agissements condamnables, je me suis senti proche des méditations respectueuses, il est singulier de remarquer combien l’attitude des hommes révèle leur caractère lorsqu'ils se trouvent aux marches de la mort.
La dernière fois, je suis tombé sur un jeune homme qui lisait la poésie de Musset.
Il était assis au plus près de la tombe du poète.
Je me suis trouvé saisi par la force de cet hommage muet, les larmes me sont monté aux yeux tant le spectacle était d'une beauté bouleversante.
L'enfant du vingt et unième siècle venait réchauffer du souffle de sa passion l'enfant du dix neuvième….