Làs-bas (un autre monde)

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Une nouvelle surprise m'attendait et non des moindres.
C'était une salle immense, j'avais l'impression qu'elle n'avait pas de fin, de place en place se dressaient des buffets mais cette fois des serveurs étaient présents; au plus proche de l'entrée les garçons étaient vêtu normalement, serais je tenté de dire, mais un peu plus loin d'autres portaient l'habit rappelant les années 30, et a quelques mètres encore, des valets en livrée gardaient des tables couvertes de victuaille.
Tous avaient en commun la même expression, une étrange expression mi-attentive mi fuyante et cela me plongeait dans un état proche du malaise.
Les convives affichaient, eux aussi, des écarts vestimentaires qui me firent penser à une soirée costumée.
Mon Dieu que pouvais-je bien faire en ce lieu!
Tout homme sensé aurait rebroussé chemin et aurait été retrouver ses esprits à l'abri de la douceur de la nuit printanière mais quelque chose me retenait là, je me sentais prisonnier de cette atmosphère.
Les invités se tenaient par petits groupes et le plus souvent en couple mais tous paraissaient entretenir activement une conversation, pourtant il ne me parvenait aux oreilles qu'un lointain écho feutré.
De surcroit personne ne semblait me remarquer, j'en vins à me demander si je n'étais pas devenu tout à fait transparent.
Afin de me donner une contenance, je décidai de prendre un verre, je me servis sur un plateau proche sans qu'aucun des membres du personnel ne fit le moindre geste pour me contenter.
Drôle d'époque, songeais-je, en portant la coupe à mes lèvres.
Ah mais ce vin est éventé!!!
Le champagne était inerte comme mort, plus aucun gaz, plus aucun gout, le breuvage était tout bonnement infâme.
J'avais été saisi au point d'élever le ton, mais pas un regard ne s'était détourné.
Je sentis soudain, le sang battre à mes tempes, et si j'étais mort!
Aussi mort que ce liquide abject!
Cette pensée me glaça le sang et je fus sur le point de défaillir.
Je fis un pas pour rebrousser chemin et quitter au plus vite ce cauchemar lorsque je la vis...