Là-bas (un autre monde)
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J'étais dans une salle inconnue, il semblait que ce fut un cocktail, des canapés étaient dressés en grande quantité, et le champagne servi en abondance, mais nulle âme autour de moi, je me tenais seul au milieu de cette pièce sans avoir la moindre idée de se que je faisais là!
Mon unique certitude était que je mourais littéralement de faim, fait si rare chez moi que j'en étais fort étonné.
Je me trouvais partagé entre l'envie de satisfaire mon estomac et l'indicible curiosité que m'apportait une sorte de bourdonnement échappé des salons voisins, car il semblait que j'avais échoué, par je ne sais quel miracle, dans un hôtel particulier parisien ou peut être provincial, comment le savoir, puisque j'hésitais entre deux conclusions aussi désagréables l'une que l'autre, à savoir que j'étais en plein rêve ou alors que je venais de perdre tout bonnement la raison.
Il est bien connu que ventre affamé ne favorise pas la réflexion, et j'avalais avec un certain plaisir de quoi me sustenter tout en ne dédaignant pas un verre de vin, je m'en accordai un autre pour prendre une décision sur la suite des événements.
Au dessus de la cheminée qui crépitait et offrait aux murs avoisinant les ombres d'un étrange ballet de flammes, se trouvait un grand miroir dans lequel je pus au moins me rassuré sur ma tenue vestimentaire.
Pour tout dire il prenait grâce à mes yeux, non seulement l'image qu'il me renvoyait m'était aimable mais je m'y voyais plus jeune, je me fis un sourire que permet l'arrogance de ses vingt ans.
J'étais en complet veston, aucune trace de cheveux blancs, aucune ride, ma peau était celle d'un jouvenceau, je me reconnaissais sans en être sûr, je contemplais, surpris, un étranger qui me semblait proche ; il me vint à l'esprit, l’éclair d’un instant, que ce garçon ressemblait de façon troublante au héro de ce récit que j'avais écrit à l'adolescence.
Je cherchais vainement dans ma poche mon portable.
Qui était-ce?
Qui voyais-je?
Et ce maudit téléphone que j'avais encore oublié!
Du lointain bourdonnement se fit entendre plus clairement une musique, une sonate de Beethoven, je me sentis rassuré, là je n'avais plus à douter, c'était un signe assez puissant pour que j'ose pousser la porte….
