Alexis
Durant les journées, toutes dédiées au ski alpin, nous avions la capacité de fréquenter qui bon nous semblait pour peu d’avoir à peu près le même niveau.
Très naturellement, je passais donc le plus clair de mon temps avec Miguel qui fréquentait le même conservatoire que moi et Helena, la belle Helena sa sœur.
Je crois que beaucoup de petits « grizzlys » ont commencé à voir les filles autrement à cause d’elle et il y avait de quoi !
Dieu qu’elle était belle, aussi belle qu’elle était peste !!!
Nous nous disputions le plaisir de nous assoir à côté d’elle dans le car qui nous ramenait des pistes, elle regardait notre manège avec une fausse candeur et une fois le vainqueur installé elle regagnait le fond du véhicule avec ses copines.
Elle connaissait déjà l’art de faire souffrir.
Les vaincus se tordaient, évidemment, de rire en espérant secrètement que le lendemain ils auraient peut être plus de chance.
Alexis ne connaissait personne et était tenue à l’écart ; il faisait parler autour de lui.
Quelque chose de spécial était en lui, dans ses gestes, sans qu’il en soit peut être conscient à l’époque, et cela lui valait quelques quolibets, sans vraie méchanceté, mais sans doute cruels à entendre.
Je reconnais que son sort ne m’affectait pas le moins du monde, je ne faisais partie ni des moqueurs ni des défenseurs, il m’était tout bonnement indifférent jusqu’au jour où l’égérie de la colo se fit son avocat.
Il devint en moins de temps qu’il en faut pour l’écrire de « meilleur copain » de tous, pas question pour qui que ce soit de déplaire à la demoiselle.
Il fut si heureux de ce retournement de situation que nous le revirent à Pâques puis les deux années suivantes.
Le destin a voulut que nos chemins se croisent quelques temps plus tard, nous étions devenus des hommes, nous fûmes heureux de nous revoir et nous nous donnons encore aujourd’hui des nouvelles de loin en loin.
J’aimerais bien en dire autant d’Helena mais …..