Un "Killer"
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Comme je l'ai dit, mon existence se réglait sur les marées et la nuit je rêvais de voir une grande touche molle agiter ma canne, lui donner vie.
Depuis plus d'une année j'avais abandonné mes gants car mes gestes n'étaient plus assez précis, et oui, j'ai même accepté de sacrifier l'intégrité de mes mains à cette passion dévorante.
Je faisais partie à présent du groupe de tête et on s'inquiétait de mes résultats pour savoir comment s'équiper au mieux pour le prochain concours.
J’avais en effet rejoins un club et nous nous disputions une fois par mois le privilège de détenir le plus gros poids de prises.
Je n'avais guère de mal à me placer dans les premiers mais c'était presque immanquablement toujours le même homme qui remportait l'épreuve.
Un garçon effacé, un peu sauvage mais qui avait eu l'intelligence de calculer l'inclinaison et le travail de ses clipots en fonction des postes affectés pour la compétition, l'homme n'était pas un danger pour les autre c'était tout simplement un killer!
J'avoue l'avoir regardé durant quelques temps comme un ennemi, il remballait son matériel à peine la pesée achevée, saluait brièvement les participants, quel ours! Me suis-je exclamé une fois agacé par une autre ses victoires.
Un jour, lors d'un concours sur la plage il fut à cours de vers, je lui en offris et nous devinrent, nous le sommes toujours, les plus grands amis du monde.