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Pour connivences
Madame,
Me pardonnerez vous, et me pardonnerais-je d’oser laisser un message dans ce livre abandonné quelques instants sur ce banc témoin de tant de choses.
Je pourrais, bien sûr, passer mon chemin et espérer, peut être, qu’un jour le destin m’offre à nouveau la scène dont je viens d’être le spectateur involontaire mais non moins émerveillé.
Je pourrais tenter de vous parler, et pourquoi pas, tenter ma chance auprès de vous, essayer de vous séduire, de vous amuser, d’exciter votre curiosité, mais je ne le veux pas.
Aussi charmante que soit votre voix, je ne veux pas l’entendre mais ne garder de votre bouche que les soupirs que le plaisir vous a dicté.
Ne vous méprenez pas madame, ne craignez surtout pas que je vous importune, vous ne me verrez jamais, mon seul soucis est de ne jamais rompre le charme que vous avez créé en réinventant l’amour charnel devant mes yeux ébloui.
Comment chasserais-je de ma mémoire l’exaltation qui fut la mienne lorsque je vous ai vue, ainsi offerte…
Au seuil de la jouissance notre douleur fut commune.
Sans le savoir, sans le désirer, vous venez de mettre mes nuits en danger, car comment dormir paisiblement lorsque la danse sacrée de l’amour a été enfantée ainsi devant soi.
Madame, après votre départ, après que vous ayez emporter ce livre, je serai auprès de votre amant sylvestre pour y recueillir les larmes de votre extase…









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