Vendredi 20 novembre 2009




                                                                  Photo Flickr


Pour connivences

Madame,

 

Me pardonnerez vous, et me pardonnerais-je d’oser laisser un message dans ce livre abandonné quelques instants sur ce banc témoin de tant de choses.

Je pourrais, bien sûr, passer mon chemin et espérer, peut être, qu’un jour le destin m’offre à nouveau la scène dont je viens d’être le spectateur involontaire mais non moins émerveillé.

Je pourrais tenter de vous parler, et pourquoi pas, tenter ma chance auprès de vous, essayer de vous séduire, de vous amuser, d’exciter votre curiosité, mais je ne le veux pas.

Aussi charmante que soit votre voix, je ne veux pas l’entendre mais ne garder de votre bouche que les  soupirs que le plaisir vous a dicté.

Ne vous méprenez pas madame, ne craignez surtout pas que je vous importune, vous ne me verrez jamais, mon seul soucis est de ne jamais rompre le charme que vous avez créé en réinventant l’amour charnel devant mes yeux ébloui.

 Comment chasserais-je  de ma  mémoire l’exaltation qui fut la mienne lorsque je vous ai vue, ainsi offerte…

Au seuil de la jouissance notre douleur fut commune.

Sans le savoir, sans le désirer, vous venez de mettre mes nuits en danger, car comment dormir paisiblement lorsque la danse sacrée de l’amour a été enfantée  ainsi devant soi.

Madame, après votre départ, après que vous ayez emporter ce livre, je serai auprès de votre amant sylvestre pour y recueillir les larmes de votre extase…

Par Matheo - Publié dans : Textes
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Mercredi 18 novembre 2009




                                                                         Photo Flickr



Pour la petite fabrique d’écriture

 

Cette fois je suis décidé, je vais déménager, c’est une question de survie, je dois décamper temps que c’est encore possible, vider les lieux sans remord.

Il n’est pas question d’inventaire, d’emballer, de ficeler, mais de casser, de bruler de faire place nette.

Un bon coup de balai sur les hésitations et le tour sera joué !

Je débranche, je décroche, je jette cette vie sans chagrin parce qu’elle n’en a trop apporté, je pars en claquant la porte sur cette existence que je n’ai pas choisie, pour rouler vers d’autres cieux, d’autres chemins…

Par Matheo - Publié dans : Textes - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires - Recommander
Mardi 17 novembre 2009

Photo Flickr




-« Alors Simone, vous n’oubliez pas ce soir à 19h, on vous attend ! »

 

Lance une jeune fille souriante, affichant un gilet du secours catholique.

Oh non, elle ne va oublier, voila des mois et des mois que cette femme passe ses jours à préparer ses nuits.

Dans le meilleur cas, c’est un accueil dans un centre d’aide, dans le moins bon c’est un carton sur un bout de trottoir.

Sa vie n’a jamais été facile mais au fil des années c’est l’escalade du sordide.

Ses souvenirs d’enfance se résument aux altercations répétées entre ses parents, l’un comme l’autre sous l’emprise de l’alcool.

La violence, les coups, les injures, la lente agonie d’une mère et d’un père gorgés de mauvais vin.

Le seul rayon de soleil dont elle se souvienne, fut recueilli dans un livre d’images abandonné sous le préau de l’école, qu’elle ne fréquentait que de temps en temps.

 C’était l’histoire de Cendrillon et la petite fille s’était inconsciemment identifiée à l’héroïne, c’est sans doute pour cela qu’elle crut longtemps qu’un jour elle finirait par rencontrer son prince charmant.

Pourquoi pas elle après tout ?

Mais en lieu et place du prince de ses rêves, elle était tombée sur un cortège des minables en tous genres, puis un jour elle avait touché le fond, elle s’était retrouvée  dans la rue, avec le sentiment abominable que cela devait être.

Virginie, la bénévole su secours, avait pris ce petit bout de femme en amitié, alors dés qu’il fut décidé d’organiser un réveillon avant l’heure, pour les sans abri, Simone avait été la première invitée.

Aujourd’hui elle sentait son cœur plus léger, elle avait un objectif !

Le soir venu, elle se laissa griser par ce semblant de bonheur, elle goutait le moment présent et tant pis pour l’après, l’après n’avait plus d’importance. Elle mangea peu, a force de jeuner on a plus très faim, il y avait peu d’alcool,  un peu de mousseux pour le dessert c’est tout.

Elle se laissa aller à danser surtout dans les bras de la petite Virginie parce qu’elle avait trop de mauvais souvenirs et de peur aussi avec ses compagnons d’infortune.

Puis au petit matin, il fallut partir, conquérir un bout de macadam, et tenter de dormir.

Elle se sentit  fatiguée, sa tête tournait, ça devait être le reste du petit bonheur passé.

Elle se laissa tomber sous le porche d’un magasin de téléphonie, quelle ironie, pour elle qui n’avait jamais eu personne à appeler, elle s’endormit.

Dans son rêve elle vit un étrange  équipage, une voiture tirée par de beaux chevaux blancs s’arrêter devant ce porche de magasin, elle vit un jeune homme lui tendre la main…

-«  Ils finissent tous comme ça, trop de misère! » conclut le gars du SAMU en refermant le sac qui emportait Simone vers la morgue.


Pour les impromptus litteraires

Par Matheo - Publié dans : Textes
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Recommander
Lundi 16 novembre 2009








Le peuple sature de trop de mensonges ;

partout les rues se remplissent de sans abris,

partout le spectre de la pauvreté ronge,

pour la populace le bonheur est proscrit.

 

Travailler ne garantit plus la pitance !

A défaut de nous dompter on nous sanctionne !

Au nom du capital,   tombent des sentences

que des actionnaires cupides cautionnent

 

Des hommes pleurent devant des grilles fermées,

pendant qu’à Paris les rois dinent au palais.

Des ouvriers crèvent sur leurs machines usées,

et leurs fils se préparent à prendre le relais !

 

Un jour la misère lèvera une armée !

Sa marche sera celle de la vengeance !

Prenez garde seigneurs, aux gens affamés,

la colère n’est pas mère de prudence !

 

Souvenez-vous, puissants, de quatre vingt neuf !

Courbez-vous devant la fureur de la nation !

Votre profit n’a fait que des veuves et des veufs,

et ils prendront d’assaut chacun de vos bastions !

 

Votre lobotomisation médiatique

ne sévit pas autant que vous le voudriez,

malgré vos allocutions soporifiques

le peuple gronde, car il est las de prier!

 

Prenez-garde, seigneurs, nous sommes fatigués,

nos pères ont fait la république avec leur sang,

ce sacrifice sublime nous est légué,

et nous saurons nous en montrer reconnaissants.







                                                                          photos Flickr



 

Par Matheo - Publié dans : Textes
Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires - Recommander
Dimanche 15 novembre 2009



                                                                   Photo Flickr



Ca devait arriver, j’ai craqué !

Oui je sais, je craque facilement.

Je suis passé à L’Iphone.

Bon dimanche à tous.

Par Matheo - Publié dans : Mathéo
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires - Recommander
Samedi 14 novembre 2009

Photo Flickr

                                                                         Photo Flickr



J’ai pris par principe, et je ne déroge jamais à cette règle,  de ne pas fréquenter les magasins les dimanches ou jours fériés.

 

Je sais bien que le personnel astreint ce jour là est soi-disant volontaire, mais j’ai appris à me méfier du volontariat imposé, de la solidarité exigée ...

A chaque fois que j’ai interrogé des gens susceptibles d’être touché par le travail « du dimanche »  j’ai obtenu les mêmes réponses, cela ne nous enchante pas, on ne voit plus la famille, on n’a pas le choix !

Conscient, de ne pas être à l’abri d’un mauvais jugement, j’aimerais connaitre votre position face à l’ouverture des magasins le dimanche et jours fériés.

Par Matheo - Publié dans : Réaction
Ecrire un commentaire - Voir les 21 commentaires - Recommander
Vendredi 13 novembre 2009

                                                         



Pour les impromptus litteraires

Voila des jours et des jours qu’ils peaufinent leur projet, mais cette fois la date fatidique approche et l’excitation est à son comble.

Il s’agit d’une réunion nocturne et un peu secrète, à laquelle tout le monde assistera avant de se séparer pour toujours, mais il faut absolument rester discret, surtout attirer l’attention de personne, sous peine d’avoir à renoncer à cette fête d’adieu tant souhaitée.

Sans un bruit, chacun gagne la petite clairière derrière la maison, mais ,  c’est la consternation générale, la nuit est si noire que l’on ne voit pas son  voisin immédiat, tout est gâché.

Beaucoup pensent qu’il vaut mieux rentrer et capituler.

_ « J’ai une idée, ne bougez pas! » Dit une voix sans visage, aussitôt un camion de pompier déplie sa grande échelle, on perçoit une ombre qui commence son ascension.

Un Ohhhh d’admiration  se fait entendre, et bientôt la lumière se fait, une belle lumière qui arrose généreusement mais sans agressivité tous les participants.

Ils n’en croient pas leurs yeux, quelqu’un vient de décrocher la lune, pour éclairer l’assemblée.

Demain les jouets auront regagner leur étagère dans la maison du gros bonhomme en rouge, l’astre de la nuit aura soigneusement été raccroché et la nuit de noël venue, les joujoux iront donner de la joie à un enfant sage en rêvant dans leur tête de cellulose d’une lumière de lune…

Par Matheo - Publié dans : Textes
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires - Recommander
Jeudi 12 novembre 2009

                                                                          Photo Flickr



Ne  plus avoir de famille ou presque est  douloureux et très traumatisant aussi, lorsqu’on se retrouve dans des repas de « belle famille » ce n’est qu’un soulignement de sa propre solitude, et je puis vous assurer qu’on n’en sort pas indemne, les jours suivants pour ne pas dire les semaines suivantes sont difficiles à vivre, pesantes, éprouvantes et vous ne pouvez pas vraiment en parler parce que votre conjointe n’a pas conscience que ce qui provoque chez vous ce terrible désarroi n’est autre que votre solitude face au cercle de ses proches à elle.

C’est pourquoi je refuse très souvent les invitations et qu’il est considéré dans ma belle famille, comme une prouesse de nous avoir tous les deux.

Lors du baptême du dernier samedi d’octobre, il s’est passé quelque chose, je serais bien incapable de vous dire quoi, mais je me suis senti tout d’un coup englobé  par cette famille, subitement je me suis senti des leurs, soudainement je me suis senti moins seul…

 

Par Matheo - Publié dans : Mathéo
Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires - Recommander
Mercredi 11 novembre 2009

Arc de triophe

 

Combattant

 

Inhumation du soldat inconnu




Comme toute la France j’ai une pensée émue pour les hommes tombés avant qu’on ne déclare l’armistice en 1918, je tiens aussi à dire que je pense particulièrement aux soldats fusillés pour l’exemple, je préférerais employer d’ailleurs le mot assassinés qui est beaucoup plus exact.
Souhaitons qu’un jour tous les hommes de la terre se serrent la main en se rappelant que nous sommes tous frères.
Par Matheo
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires - Recommander
Mardi 10 novembre 2009




« Il me faut les dossiers bouclés  de la semaine en cours avant dix heures ! »

« Ah, tu as déjà traité ce dossier, pas de chance les côtes sont changées ! »

« Entre deux passe quelques dossiers SAV ! »

« Modifie les dossiers du client X, on a une rupture de stock ! »

 

 

« Il y a u changement de couleur pour B, de toute façon ça ne te prendra que cinq minutes ! »

La pause déjeuner venue, je sors en titubant, c’est à peine si je suis encore capable de comprendre ce que débite mon autoradio.

Je retourne vers le bureau une demi-heure plus tard comme un boxeur déjà sonné.

Le rythme à soutenir est le même  l’après-midi, je finis par décrocher, je doute de tout ce que je viens de faire.

N’ai-je rien oublié ?

 Ai-je fais convenablement mon boulot ?

Soudain un poids énorme m’empêche de respirer, il me semble que ma tête est prise dans un étau qui n’a de cesse que de la faire éclater.

En reprenant ma voiture, je pense à tous ce qu’il me reste à faire, au retard que je dois rattraper.

Je brule un stop.

C’est le coup de klaxon de la voiture évitée de peu qui me sort de ma torpeur.

Subitement je me dis que si mon véhicule quittait la route à cet endroit, j’aurais enfin droit au repos, il suffit d’un coup de volant, je fixe l’arbre puis l’image des miens me dissuade.

Ce ne sera pas pour cette fois mais demain peut-être…

En rentrant chez moi, j’ai l’impression qu’on me sort la tête de l’eau le temps nécessaire pour reprendre souffle, avant qu’on ne me l’immerge le lendemain en franchissant la porte de l’entreprise…

Un jour, j’en suis certain, je refuserai de prendre cette bouffée d’air qui conduit vers une nouvelle journée d’enfer…

 

 

Par Matheo - Publié dans : Réaction
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires - Recommander

Présentation

Un peu de musique?

Commentaires

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Rechercher

Syndication

  • Flux RSS des articles

overblog

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus